Religieux de Saint-Denys, t. V, p
grande ordonnance comme faite à l'instigation de3 bouchers \ Les bandés furent, ainsi que leurs partisans, réintégrés dans leurs honneurs et dignités^ ; les Cabochiens bannis à leur tour du royaume 5.
Charles d'Orléans abusa-t-il de sa victoire ? Il est certain du moins qu'il blessa bien inutilement, sur une question de préséance, son allié le duc de Bretagne-^ ; et l'on voit, dès le 12 septembre, l'empereur lui promettre son aide contre Jean Sans-Peur >. Etait-ce utile aussi au roi Louis de Sicile de renvoyer à son père, Jean Sans-Peur, Catherine, sa fille, fiancée à Louis d'Anjou depuis plusieurs années, par une horreur si tardive du meurtre du duc d'Orléans^? Mais il est également sûr que le duc de Bourgogne demeurait entouré de gens de guerre, ne désespérant pas de rentrer, par ruse ou par force, dans Paris " ; qu'il adressait au roi lettres et ambassades ^. Et même, comme on ne lui donnait pas de réponse, Jean Sans-Peur faisait répandre dans ses bonnes villes de fausses nouvelles : que monseigneur le dauphin demeurait prisonnier au Louvre ; qu'on lui menait mauvaise vie et qu'il ne connaissait d'autre passe-temps que de toucher des orgues ; qu'il lui avait commandé de le venir délivrer Le dauphin faisait répondre au contraire que le duc de Bourgogne
1. (5 septembre) Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 154; Juvénai des Ursins, p. 186-187.