‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 138 sur 639 · Religieux de Saint-Denys, t. V, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denys, t. V, p

9. Juvénai des Ursins, p. 488 ; Monstrelet, t. II, p. 423. Cf. Arch. com, d'Arras, BB. 5, fol. 40.

ne répandait de telles nouvelles que pour susciter des troubles. Et pour bien montrer aux Parisiens qu'il était libre, il chevauchait par les rues, en armes ^ Quant au roi Charles, il publiait des édits contre tous ceux qui semaient des paroles malveillantes contre la paix; à ceux de son lignage il défendait aussi de prendre les armes'.

Jean Sans-Peur, selon sa coutume, précipita brutalement les événements. Le 8 février 1414 il se présentait devant Paris 3 : ce que le duc de Guyenne apprit au cloître Notre- Dame, tandis qu'il dînait en l'hôtel d'un chanoine. On s'assemble au cloître, Charles d'Orléans avec ses gens d'armes. Le dauphin dispose trois batailles devant le portail, puis on marche sur l'Hôtel de Ville. Le comte de Vertus, frère de Charles, les comtes d'Eu et de Richement, mènent l'avantgarde ; le dauphin et Charles d'Orléans, le gros ; l'arrièregarde est confiée au comte d'Armagnac. Les chefs se rendent devant leurs hôtels, font sonner les trompettes et connaître leurs intentions à ce peuple de Paris qu'il faut toujours ménager. On chevauche ensuite droit à la Croix du Tiroir ; puis Charles d'Orléans se porte à Saint-Martin-des-Champs ; le dauphin occupe la Bastille ; le duc de Berry se loge au Temple ; le comte d'Armagnac demeure en l'hôtel d'Artois

On avait décidé que l'on se contenterait de garder soigneusement les murailles : pour intercepter toute communication entre les troupes bourguignonnes et leurs partisans de Paris, on mura les portes. Ainsi la ville demeura fermée

1. Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 239 ; Juvénal des Ursins, p. 488.

2. 6 octobre, édit contre ceux qui sèment des paroles malsonnantes contre la paix (Monstrelet, éd. Buchon, 1. I, ch. 115); 22 octobre, interdiction aux partis de prendre les armes (Ibid., ch. 116) ; 30 octobre, édit contre ceux qui répandent des calomnies (Ibid., ch. 117); 11 novembre, défense à ceux de son lignage de prendre les armes (Ibid., ch. 117) ; de même le 14 novembre (Ibid., ch. 117).

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