Juvénal des Ursins, p
fort distinctement ; de l'autre côté la ville fut bloquée par les ducs d'Orléans, d'Alençon et le comte de Richemont ; du côté de Noyon, la ville de Compiègne était surveillée par le duc de Bar et le comte d'Armagnac.
Les assiégés demandaient la liberté, les honneurs de la guerre et licence d'emporter leur butin ; ce qu'on leur refusa. Les Gascons, qui désiraient tant l'assaut et le pillage de Compiègne, ne l'eussent pas souffert ; secrètement ils faisaient dire aux gens de Compiègne de tenir bon, qu'on était résolu à les faire tous périr s'ils venaient à se rendre. Tel n'était pas le désir du roi et, malgré le comte d'Armagnac ,qui estimait prenable toute ville bonne à piller, on parlementa. Les gens de guerre assiégés dans Compiègne promirent de ne pas porter les armes contre le roi Charles et sortirent avec harnois et chevaux. Le roi pardonna à sa bonne ville qui lui paya quelques finances ; le 8 mai, il fit une entrée pacifique dans Compiègne, endommagée seulement par les boulets de pierre des couleuvrines ^
Les Gascons espéraient bien se rattraper devant Soissons, que le duc d'Orléans tenait en fief, vieille cité, ornée de magnifiques églises enrichies d'insignes reliques Le roi Charles s'y logea devant Saint-Jean des Vignes ; le dauphin et Charles d'Orléans en l'abbaye de Saint-Qiientin. Selon sa coutume le roi fit sommer la ville de se rendre. Or elle ne lui en refusait pas l'entrée, ni à lui, ni à son fils, mais seulement aux bandés. Les soudoyers bourguignons, qui espéraient être secourus, entendaient d'ailleurs se battre et faire
1. Le Religieux de Saint-Denys est un témoin oculaire de ces événements (t. V, p. 302-310). — Monstrelet, t. III, p. 4; Bourgeois de Paris, p. 25. — En mai et juin on publia en Normandie le mandement royal du i6 mai ordonnant aux chevaliers, écuyers et autres gens de guerre de rejoindre l'ost royal devant Soissons (Arch. Xat., K. 58, no 9).