Archives du Nord, B
Le conseil royal décida d'assiéger Compiègne et Soissons', Le roi Charles, ayant fait ses dévotions à Notre-Dame, partit de Paris le 3 avril 1414' ; il chevauchait en compagnie de Monseigneur le dauphin, si joli, et qui portait un étendard brodé des lettres K, d'un cygne et d'une L, faisant ainsi connaître l'amour qu'il portait à une demoiselle de la reine, fille de messire Guillaume Cassinel ; puis venaient Charles d'Orléans et son frère, le comte de Vertus, les ducs de Bar, de Bavière, les comtes d'Eu, d'Alençon, de Richemont, le connétable d'Albret et le comte d'Armagnac \ L'ost des princes se composait de Gascons pillards et des terribles' Bretons qui avaient précédemment causé tant de ravages autour de Paris. On fit même prendre au roi, ainsi qu'au dauphin, la bande des Armagnacs, Ainsi ils délaissèrent leur gentille enseigne, la droite croix blanche, bien que plusieurs estimassent qu'il ne convenait guère à la majesté royale de porter l'enseigne d'un aussi pauvre seigneur que le comte d'Armagnac, imposée qu'elle lui avait été par un pape pour amender, disait-on, quelque vague et terrible forfait ^. En cet équipage l'ost s'en fut à Saint-Denis, où le roi prit l'oriflamme, et l'on somma la ville de Compiègne de se rendre K Certes il n'entrait pas dans la pensée du roi de détruire une bonne et riche ville, fortifiée par ses ancêtres, ornée de beaux édifices. Aussi ayant quitté Noyon, le roi s'avança sous les murs de la cité en déployant toute sa compagnie, de façon à ce que les assiégés pussent bien l'apercevoir. Ayant passé l'Oise, le roi Charles alla s'établir à cent pas de l'ennemi, dans l'église Saint-Germain, où l'on planta sa bannière qui flottait
1. Juvénal des Ursins, p. 493-494 ; Monstrelet, t. II, p. 441,