Monstrelet, t. III, p
IjO VIE DË CHARLES d'oRLÉANS
la jurèrent. Puis le dauphin appela Charles d'Orléans et lui requit de la jurer : lequel s'inclina bien fort en disant : « Monseigneur, je ne suis pas tenu de faire serment, car je suis venu seulement pour servir Monseigneur le roi et vous. » A quoi le dauphin répondit : « Beau cousin, nous vous prions que juriez la paix ». Mais Charles d'Orléans, qui cherchait un détour, dit encore une fois : « Monseigneur, je n'ai pas rompu la paix et ne dois point faire serment ; plaise vous être content ». Le dauphin le requit pour la troisième fois et Charles de répondre: «Monseigneur, je n'ai pas rompu la paix, ni ceux de mon conseil, ni de mon côté. Faites venir ceux qui l'ont rompue présents vous faire serment et après je ferai votre plaisir ». Le dauphin se mit alors en colère. Sur la prière de l'archevêque de Reims Charles d'Orléans finit par jurer la paix : « Monseigneur, puisque c'est votre plaisir je le ferai ' ! »
On déploya les bannières du roi sur les portes d'Arras ; les tentes furent repliées et l'on prit le chemin du retour \ Charles d'Orléans suivit l'ost du roi. Le 12 septembre il passait à Chauny, avec monseigneur le dauphin, et faisait payer 45 s. t. à Mathieu Lestureur, bateleur, et à ses trois enfants pour leurs jeux et ébattements ^ ; le 22 septembre, à Senlis, il faisait soigner son fou Verjat, qui était tombé malade 4, enterrer Noblet, son valet d'écurie 5. Le roi passa le mois de septembre à Senlis, et rentra à Paris, le 13 octobre, sous une grosse pluie. Et tous ceux qui venaient d'Arras marchaient pâles et décharnés comme s'ils sortaient de prison ^
La paix, confirmée à Saint-Denis dans le courant de jan-