Bourgeois de Paris, p
vicr \ fut publiée à Paris à grande joie, feux et ripailles : du matin au soir on entendit ce jour-là la plus belle sonnerie de cloches de toutes les églises de Paris, de grands cris de : « Noël ! Vive le Roi ! Vive le Roi et son beau-fils le duc d'Aquitaine ^ ! »
Le samedi, veille des trois Rois 3, le roi Charles fit célébrer les obsèques de défunt Louis d'Orléans, son frère, en l'église Notre-Dame de Paris, en présence de Charles d'Orléans, du comte de Vertus, ses fils, des ducs de Berry, d'Alençon, de Bourbon, de Louis de Bavière, du comtede Richemont, tous vêtus de noir. Jean Gerson, chancelier de l'église de Paris, celui-là qui du temps des bouchers avait dû se réfugier sous les combles de la cathédrale, prêcha si hardiment et recommanda si fort le défunt que plusieurs théologiens s'en émerveillèrent. Certes, il ne désirait susciter la guerre, pas plus qu'il ne conseillait l'assassinat du duc de Bourgogne ; mais, pour le salut de son âme, Jean Sans-Peur devait être humilié et reconnaître son péché. Il afiirma en outre que l'exécution, devant le parvis de l'église, des propositions de Jean Petit était dûment faite, qu'il le soutiendrait envers et contre tous.
Le roi Charles, qui venait de confirmer la condamnation par l'Université des propositions doctrinales de Jean Petit se tenait dans° un oratoire, au côté droit de l'autel. Derrière lui, mais devant tous, était Charles d'Orléans, puis le comte de Vertus et le duc de Berry. Ils approuvèrent fort le prédicateur. Une multitude de clergé, de chevalerie et de peuple remplissait Notre-Dame, tendue de noir et toute illuminée de la lueur des torches et des cierges. Le lundi pareil service eut lieu aux Célestins, où prêcha Jean Courtecuisse, et les vigiles