Archives du Nord, B
valent pour se plaindre de ce que leur seigneur avait été avisé si tardivement de leur descente en France ^ N'avait-il pas, l'année précédente, signé un traité secret avec le roi d'Angleterre, stipulant une alliance offensive et défensive, par lequel tous deux devaient se partager les conquêtes faites sur les Armagnacs ? ^
Le 30 septembre Charles était encore à Orléans où il faisait payer à son chambellan, Louis de Bosredon, et à Richard de Morny la somme de 400 1. t. pour gages de leurs gens d'armes au service du roi « dans la guerre avec les Anglais » \ Le 17 octobre il réglait encore 40 1. t. à Jean Brayer, sommelier de l'échansonnerie, pour un cheval bai pour son usage 4 ; Nicolas de Saint-Fer, son écuyer et échanson, lui vendait un haubergeon d'acier. Ainsi équipé Charles d'Orléans rejoignit l'ost du roi.
Il retrouvait à Rouen cette grosse armée royale, suffisante, disait-on, pour anéantir plusieurs nations barbares, et commandée par le dauphin, messeigneurs de Berry, de Bourbon, d'Alençon, de Bar, de Brabant, les comtes de Nevers, de Richemont, de Vendôme, tout ce que la chevalerie offrait d'illustre 5. On était trop nombreux. Outre les gens de guerre qui s'étaient rendus à l'appel du roi, les bourgeois de Paris en avaient offert 6.000 complètement équipés, en demandant qu'ils fussent placés au premier rang si on livrait bataille. Mais comme le duc de Berry vantait le secours de ses chers Parisiens en présence de ses chevaliers, l'un d'entre eux, Jean de Beaumont, reprit : « Le roi ne devrait pas accepter le