British Muséum, add. ch
4. British Muséum, add. ch., 4321. — Bibl. nat., Pièces orig., 21 50, Saint-Fer, 2.
5. Monstrelet, t. III, p. 97; Religieux de Saint-Denys, t. V, p. 544, 546; Gruel, p. 16.
secours de ces artisans ; car nous serons alors trois fois plus nombreux que les Anglais » ' : ce qui ne paraissait pas loyal à messire Jean de Beau mont, chevalier.
Quant aux Anglais, déjà éprouvés au siège d'Harfleur par la défense de la place et surtout parla maladie (leurs forces étaient peut-être déjà réduites d'un tiers), ils ne demandaient qu'à retourner chez eux, après avoir fait d'Harfleur un autre Calais.
Telle n'était pas la pensée du roi Henry. Il voulut, traversant la Normandie, gagner la ville de Calais, soit qu'il tînt à impressionner les populations de sa future conquête, soit que sa flotte fût déjà dispersée. Le 8 ou le 9 octobre, les Anglais ayant laissé dans Harfleur tous leurs bagages et chariots, se mettaient en marche dans le plus grand ordre, longeant la côte du pays de Caux, par Fécamp, Saint-Valery, Arques, Eu, Le Tréport. Ils arrivaient maintenant en vue des eaux de la Somme, non loin du gué de la Blanche Tacque, où jadis était passé le roi Edouard quand il gagna la bataille de Crécy. A ce moment un gentilhomme gascon informa le roi Henry que le passage était fortement gardé \ On descendit alors vers Abbeville ; mais là les ponts étaient coupés, et partout ailleurs sur la Somme, qu'il fallut remonter à marches forcées, au prix des plus grandes fatigues.
Les Anglais commençaient à se repentir d'être ainsi descendus en France.
La tempête avait dispersé leurs vaisseaux, leur enlevant toute espérance de retraite ; éprouvés par la famine ils s'avançaient maintenant dans l'intérieur de la Picardie : cachant leur passage au travers des forêts, ils tentaient en désespérés de rejoindre Calais, d'attendre là le retour de la saison favo-