Le Fèvre de Saint-Rémy, t. I, p
S' The deuke of Orlyawiis yt was foll woo
That day he was take presonere
(Complainte citée).
manger?» Et Charles de répondre qu'à la vérité il jeûnait. Sur quoi le roi d'Angleterre lui dit gravement : « Beau cousin, faites bonne chère. Je reconnais que Dieu m'a donné la grâce d'avoir eu la victoire sur les Français, non pas que je la vaille : mais je crois certainement que Dieu les a voulu punir. Et s'il est vrai ce que j'en ai ouï dire, ce n'est merveille. Car on dit que oncques plus grand désordre de voluptés, de péchés et de mauvais vices ne fut vu, comme ceux qui régnent en France aujourd'hui. C'est pitié de l'ouïr recorder et horreur aux écoutants. Et si Dieu en est courroucé ce n'est pas merveille et nul ne s'en doit ébahir » i.
Ainsi, chevauchant et devisant, ils arrivèrent au château de Guines, tandis que le gros des gens d'armes et des prisonniers marchait sur Calais, où, à l'exception des seigneurs d'Angleterre, nul ne trouva de quoi manger \
Le roi Henry et les seigneurs de France y vinrent aussi ; et l'on assure que le roi anglais conversait avec eux, cherchant à les réconforter. Sur leur chemin ils rencontrèrent la procession des prêtres et des clercs de Calais, portant tous leurs ornements, croix et fanons au vent, chantant : Te Deiim laudamus. Ainsi le roi Henry entra en triomphe dans sa ville de Calais et y fêta la Toussaint \
La complainte anglaise affirme qu'au début de la bataille d'Azincourt, alors que le roi Henry songeait à gagner sans combattre sa ville de Calais, Charles d'Orléans aurait dit : « Aussi vrai que je suis chrétien — Le roi d'Angleterre demeurera avec nous. — Et qui lui a donné licence de chevaucher ce chemin ? — C'est pourquoi, dit-il, que je sois