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154 ^'lE DE CHARLES d'oRLÉANS
pendu — S'il arrive jamais à Calais' ! » Malheureuse réponse, assez vraisemblable après le défi qu'il avait adressé quelques jours auparavant au roi d'Angleterre ; et l'on sait avec quelle joie ce jeune homme sans expérience imaginait qu'une charge des chevaliers terminerait heureusement la journée. Ce qui est bien certain, c'est que le pauvre Charles d'Orléans se trouvait maintenant à la suite du roi Henry dans la ville de Calais, tournée anglaise depuis le roi Jean, toute fortifiée, et que pour la première fois sans doute il voyait battre à ses pieds la mer vitreuse et blanche d'écume.
Le 9 novembre Charles fit distribuer à ses pages Louis de Néry, Jean de Chabannes et Sarrazin de Beaufort, la somme de 7 livres pour leurs dépenses en retournant chez eux ^ ; mais lui, à la mi-novembre, tandis que le grand vent soulevait la mer en tempête et chavirait les vaisseaux chargés de prisonniers, on l'embarquait pour Douvres K II monta, ainsi que les princes captifs, sur la nef qui portait le roi anglais.
Et les prisonniers furent si malades que ce jour ne leur parut pas moins cruel que celui où ils tombèrent dans un si grand massacre. Ils ne pouvaient assez admirer les forces du roi Henry : impassible, il ne paraissait nullement soufi'rir de cette mer démontée^.
1. Complainte citée, p. 556-7. — L'épigramme d'Elham {Memorials of Henry the fifth, éd. Ch. A. Cole, p. 117) se rapporte au défi du 20 octobre :
Aurelianensis Burbonque ducis sua régi Nuntia mittebant quod sibi bella darent ; Nulla dies, nullus locus assignatur ab illis : Calesias fertur terminus at que locus...