De Laborde, t. III, n
tapis de son frère, celui qui était à figures d'épis de blé-.
Le Bâtard d'Orléans, qui avait alors dix-huit ans environ, hérita de la panne de martre qui ornait sa robe de gris, et qu'un pelletier regratta et répara ^ ; il recueillit aussi son collier d'argent en façon de camail, garni d'un porc-épic d'or 3 (il n'en possédait plus, ayant perdu le sien à Paris, quand les Bourguignons y entrèrent) + : mais le Bâtard hérita surtout de son courage juvénile, de la lourde charge de soutenir et de restaurer ceux-là qui l'avaient adopté et aiméo
Telles sont les nouvelles que les serviteurs de Blois, avec quelque argent, pouvaient porter à leur seigneur captif.
On ne saurait douter qu'en ce temps-là Charles ne fût très étroitement espionné. Les douze procureurs constitués pour la conduite de ses affaires administraient son duché sous la surveillance du Bâtard > ; Denisot Rogier et Jean de Moucy traversaient la mer sans relâche pour lui apporter soit de l'argent, soit les lettres administratives soumises à sa signature^; mais les affaires de quelque importance lui étaient soigneusement celées.
On le vit bien, en 1422, lorsque les Astesans résolurent de se mettre sous la sauvegarde provisoire de Filippo Maria Visconti, duc de Milan. Ils lui avaient adressé deux délégués, Francesco de Reviliasco, fils du trésorier d'Asti, et Odon de Luppe, écuyer astesan. L'un et l'autre obtinrent bien du roi d'Angleterre des lettres de sauf-conduit ; mais il leur fut
1. De Laborde, t. III, no 6301. — Charles n'oubliera pas « beau nepveu le bastard de Vertus », qui finira si mal. Le 5 avril 1437, il prendra à sa charge ses dépenses et les sommes que diverses personnes lui avaient avancées (British Muséum, add. ch. 15252).