‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 20 sur 639 · Ibid., t. m, nos · texte numérisé non relu

Ibid., t. m, nos

Et par contre ce modèle des chevaliers, ce roi des mondains, édifiait ses contemporains, sinon par l'exemple de sa vie qui n'était guère chaste, du moins par les marques d'une piété fort apparente et sincère. Ainsi Louis d'Orléans fréquentait les églises, les bonnes gens dévots; chaque jour il allait aux Célestins, dans la notable chapelle qu'il avait fait élever, où Colart de Laon avait peint richement un tableau de bois sur l'autel \ On assurait, il est vrai, que cette dévotion lui était venue à la suite de remontrances faites au sujet de sa conduite^ : et certains appelaient sa chapelle le monument du crimes faisant allusion à l'imprudence de Louis qui, désireux de connaître les sauvages étoupés dansant la sarrasine, approcha une torche de l'un d'eux, grilla cinq gentilshommes et faillit flamber le roi ^. Au temps de la Passion de Notre- Seigneur sa dévotion s'exaltait. De sa main il faisait alors de larges aumônes aux pauvres et visitait les malades de l'Hôtel- Dieu ^ A Saint-Eustache de Paris il avait encore fondé une autre chapelle, dotée de verrières ^ On comprend toutefois comment un théologien partial se soit demandé si c'était là de la vraie dévotion de paraître le jour dans les églises ayant passé la nuit à jouer aux dés \

Il étonnait et charmait tout à la fois. En 1392, Juvénal des Ursins assure qu'il écoutait volontiers des gens superstitieux et connus pour exercer des sortilèges ; plus tard on soupçonna ses serviteurs de faire retomber le roi dans sa

1. Christine de Pisan, p. 252 ; De Laborde, t. IK, nos 5674, 5702, 5708, 5710.

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