‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 206 sur 639 · IbicL, t. III, p · texte numérisé non relu

IbicL, t. III, p

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je vinsse de par ici, de ce côté-là de la rivière, et que je n'allasse pas tout droit, là où est Talbot et les Anglais ? » Et comme le Bâtard répondait que lui, et de plus sages, avaient donné ce conseil, croyant mieux faire et plus sagement : (( En nom Dieu ! Le conseil de Dieu nostre Seigneur est plus sûr et plus sage que le vôtre. Vous croyez me tromper et vous-même vous trompez plus que lui. Car je vous amène meilleur secours que oncques vint à chevalier et à cité ; c'est le secours du Roi du ciel ! Non pas qu'il vienne par amour pour moi, mais il procède du Seigneur Dieu, qui à la requête de saint Louis et de saint Charles le Grand, a eu pitié de la ville d'Orléans et n'a voulu souffrir que ses ennemis eussent le corps de Monseigneur d'Orléans et sa ville » ^

Nul doute que cette apostrophe n'allât au cœur du Bâtard, qui était fort aimé de son frère ^ ; qu'à défaut de tant de chevalerie son esprit, fin et rapide, ne fût touché de l'évident secours que la jeune fille avait déterminé vers la ville assiégée.

Il assura l'entrée des vivres et passa le fleuve avec Jeanne 3. Et depuis elle avait toujours combattu et chevauché aux côtés du Bâtard, hardie et familière : ensemble ils avaient délivré la bonne ville du prisonnier. C'est un fait que, dans le courant du mois de juin 1429, le conseil, institué pour gérer ses affaires, donna l'ordre à Jean Luillier, drapier d'Orléans, et à Jean Bourgeois, taillandier, de faire délivrer à

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