Procès , t. III, p
LÀ « PRISON » Anglaise 191
Jeanne deux aunes de fine Bruxelles vermeille pour une robe et une aune de vert perdu pour une huque à doublure de satin blanc \
C'étaient là les couleurs de la livrée de la maison d'Orléans comme celles de France \ Charles, enfant, avait porté de telles robes, déchiquetées, de vert gai et clair, tandis que vivait son pére Louis. Mais il y avait longtemps qu'il ne portait plus de semblables robes, ni de vert brun ou perdu. Il était vêtu de noir en signe de la tristesse de son cœur ; ses robes ne coûtaient pas 1 3 écus d'or comme celles de la Pucelle ; elles n'étaient ni de fine Bruxelles, ni de soie, ni de sendal. Elles étaient de drap ou de satin noir, de la façon de Lorens le couturier ^
Charles d'Orléans sut-il sa ville délivrée par le moyen de la jeune fille? Aurait-il approuvé que, les armes à la main, on tentât sa délivrance et celle de ses terres ? Il y a lieu d'en douter ^ En ce temps-là, il l'attendait bien plutôt de voies pacifiques. Ainsi l'avaient pensé les Orléanais, au début de l'année 1429, quand délaissés, ils envoyèrent plusieurs bourgeois, et Poton de Saintrailles, vers Philippe, duc de Bourgogne et vers messire Jean de Luxembourg pour les prier d'avoir « regard à eux » pour l'amour de leur seigneur Charles, duc d'Orléans, lors prisonnier en Angleterre; qu'il leur plût d'obtenir des Anglais abstinence de guerre et de faire lever le siège, jusqu'à ce que le trouble du royaume fût éclairci ; ou de leur donner aide et secours en faveur du prisonnier. En fait les envoyés Orléanais étaient revenus avec