‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 209 sur 639 · Arch. nat., K. 64, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., K. 64, n

4. Gardei mon corps, sauve^ nni terre : ainsi l'auteur du Mystère du siège fait parler Charles d'Orléans au conseil anglais (p. 14).

le trompette du duc de Bourgogne. Et, n'ayant pu obtenir de Bedford que les Anglais levassent le siège, le trompette commanda à tous les sujets du duc Philippe, venus au siège, qu'ils s'en retournassent et départissent sans méfaire en aucune manière à ceux d'Orléans. Ainsi le firent en grande hâte Bourguignons, Picards et Champenois ^

De tels moyens Charles les aurait approuvés sans doute, n espérant sa délivrance que de la paix. Il savait bien que sa captivité n'était devenue rigoureuse que du jour où le roi Henry V avait repris la guerre contre la France.

Le roi Jean, si brave au jour de la bataille, l'avait connue jadis cette idée fixe de l'exilé. Dans une lettre qu'il adressait à la municipalité parisienne, ce roi des chevaliers osait le confesser : les événements des batailles sont douteux, « car si nos ennemis, dont nous sommes prisonnier, sentaient que par guerre vous nous vouliez ravoir et recouvrer, ils nous translateraient souvent d'un lieu en un autre, de telle sorte que vous ne sauriez ni ne pourriez nous trouver. » Tel était, en sens rassis, le raisonnement du roi Jean ; sa délivrance il ne l'attendait que de négociations pacifiques ^ Comment imaginer que Charles d'Orléans, qui n'était pas le roi des chevaliers, fût d'un autre sentiment en de semblables conjonctures ?

Mais nous ignorons tout cela ; nous ne savons ce qu'il pouvait penser de Jeanne, et même s'il la connut d'abord. On voit bien qu'après la prise de la Pucelle, un écolier de Pavie adressa au duc à son sujet des vers latins, développant

1. Journal du Siège dans Procis, t. IV, p. 130, 146. — Les Orléanais envoyèrent, en 1428, la somme de 700 écus d'or vieux, faisant partie de 2.000 écus, à la Trémoille, pour qu'il obtînt du duc de Bourgogne l'abstinence de guerre (Arch. communales d'Orléans, CC. 550).

2. A, Guesnon, Documents inc'dits sur V invasion anglaise, Paris, 1898, in-8", n" XVIII.

les termes d'une missive que Perceval de Boulainvillier, conseiller et chambellan du roi, avait envoyée au duc de Milan ' ; quant à Jean d'Angoulême il put lire une chronique de ces événements, la Geste des Nobles que compila un Cousinot \ Et nous savons encore que des messagers passèrent la mer en ce temps-là pour porter de l'argent au duc d'Orléans.

Ainsi Denisot Rogier reçut, au mois de mai 1428, 200 écus d'or vieux et 575 d'or neuf ; Jean de Moucy, au mois de juin, 630 écus d'or vieux 3; au mois d'août, Hue de Saint-Mars fut près de Charles qui, pour 20 écus, lui acheta une chaîne d'or; au mois de décembre, Denisot reçut encore 100 écus d'or vieux ; on remboursa 2.020 1. t. à Jean Victor, et Charles d'Orléans rendit, au mois de janvier 1429, 74 écus à Hélye Camelin et à Wathequin, anglais; au mois de mai 1429 -^, Denisot Rogier partit lui porter 200 saints d'or et 48 écus d'or vieux ; en juin, en août, en novembre divers remboursements furent faits à Jean Victor; au mois de novembre Denisot Rogier porta au duc 300 écus d'or; en mai 1430, 640 écus d'or î. Au mois de mars 143 1 Jean le Fuzelier était

1. Antonio Astesano (Procès, t. V, p. 22), né à Villanova d'Asti, en 141 2 (Muratori, t. XIV, p. 1007. Ct. Gorrini,// Coniinuiie Astigiano e la sua storiografia). — Mais il paraît douteux que Charles reçût jamais cette missive. Car, vers 1448, l'Astesan semble dire que son nom est inconnu du duc (ms. de Grenoble, 873).

2. Quicherat {Procès, t. IV, p. 204) dit que ce manuscrit fut exécuté pour Charles d'Orléans : il le fut pour son frère Jean d'Angoulême. C'est le ms. lat. 10297 annoté de sa main (Chronique de la Pucelle, éd. Vallet de Viriville, Paris, 1859, in-i2, p. 98; G. Dupont-Ferrier, Jean lV Orléans, comte d'Angoulême, d'après sa bibliothèque (1467), dans les Mélanges de la Bibliothèque de la Faculté des lettres de Paris, III, p. 48, inv., n* 150).

3. Le 6 avril 1428, sauf-conduit pour Guillaume Bélier (French rolls, 6 Henry VI, m. 9) ; le 3 avril à Jean de Moucy (Ibid.) ; ce même mois pour Jean de Moucy, le Bâtard d'Orléans et 30 personnes (Ibid., m. 2).

4. Sauf-conduit du 3 mars 1429 (French rolls, 7 Henry VI, m. 6).

5. Arch. nat., K. 64, no 3718. — Le 18 juillet 1430, sauf-conduit pour Mansart d'Aisne, Jean de Rochechouart, Hue de Saint-Mars, Alardin de Monzay et Hugues Perrier (^French rolls, 8 Henry VI, m. 7) ; pour Rémon Fricon, Jamet

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en Angleterre pour négocier l'échange, contre Jean d'Angoulême, du comte William Pôle de Suffolk tombé aux mains du Bâtard d'Orléans à Jargeau Jean Perraud%Hue de Saint- Mars et Hugues Perrier s'y trouvèrent vers ce temps-là \

Il serait bien étonnant que tous ces personnages n'eussent pas instruit Charles d'événements qui le touchaient si directement.

Non, ce n'était pas par la guerre, mais par la paix des deux royaumes, que Charles d'Orléans cherchait sa délivrance tant souhaitée. Il y pensait déjà, en 1427, quand Jean IV, comte d'Armagnac, prenait, vis-à-vis de son très cher seigneur et frère, l'engagement d'observer les clauses d'un traité de paix entre la France et l'Angleterre que Charles procurerait C'est ce projet-là qu'il poursuivra inlassablement, pendant de si longues années, à travers tant de déboires et de rancoeurs.

Il ne pouvait durer en Angleterre où Thomas Combworth, chevalier, avait assuré sa garde pendant 6 ans 6 mois

du Tillay, Regnault de Velort et Jean le Fiizelier (Ibid.) ; 20 juillet, sauf-conduit pour Denisot Rogier qui devait venir de France avec de l'or et de l'argent {Ibid., m. 8) ; au mois de novembre à Regnault de Velort, homme du Bâtard, pour aller en Bretagne pour sa rançon (French rolls, 9 Henry VI, m. 9).

1. G. Dupont-Ferrier, op. cit., p. 62; Arch. nat., K. 64, n° 37^^; British Muséum, add. ch., 3655. J

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