Rymer, t. X, p
ston-sur-HuU, maire de la ville en 1 3 3 3, rivalisant de luxe avec les barons et les chevaliers. Ce William laissa deux fils. L'aîné, un autre puissant marchand, entretint magnifiquement Edouard III, lorsqu'il marcha contre l'Ecosse, et reçut à cette occason la chevalerie. Son fils, Michel, concilia les offices de marchand, de guerrier, de diplomate ; instruit comme un clerc, il fut le premier homme lai qui obtint en Angleterre l'office de lord chancelier. Il mourut devant Harfleur \
William % le second fils de Michel, était né en 1396. Il avait suivi, très jeune, les campagnes de Henry V et l'un de ses frères mourut à Azincourt. En 1417-1418, on le voit employé au recouvrement du Cotentin ; l'année suivante, il était fait amiral de Normandie, puis capitaine de Pontorson, de Mantes et d'Avranches. En 1420, il prenait part au siège de Melun. Fait prisonnier à Baugé en Anjou (3 avril 142 1), il recevait l'ordre de la Jarretière le 3 mai. Gardien du Cotentin en 1422, il guerroyait en Champagne Tannée suivante. Il servait sous Salisbury, au siège d'Orléans; et lorsque ce dernier eut la tête emportée par un boulet de canon, William de la Pôle, comte de Suffolk, le remplaça dans son commandement des troupes anglaises en France (13 novembre 1428).
Il n'y fut pas heureux. Suffblk avait dû lever le siège d'Orléans et, de nouveau, il tombait prisonnier des Français àjargeau (mai 1429). Journée fatale aux siens : John Pôle était fait prisonnier à ses côtés ; Alexandre, un autre de ses frères, tué. Pour obtenir sa liberté, William devait payer 20.000 livres et donner en otage son frère Thomas. Quant à John Pôle, renvoyé généreusement sur parole par le Bâtard, il avait dû
1. Bourchier W. Savile, The rise and fall of the de la Pôles (The Gentleman' s Magasine, sept. 1866, p. 292).
2. Voir Henry Alfred Napier, Historical notices of the parishes of Siuynconihe and Ewelme in the County of Oxford. Oxford, 1858, in-40, p. 49 et suiv. ; National Biovraphy, ad. v. Pôle.
assurer d'appliquer à la rançon du comte d'Angoulême la finance qu'il lui devait; il avait encore promis au Bâtard son amitié et s'était engagé à mettre à sa disposition l'influence qu'il pouvait avoir \
Les bons offices du Bâtard d'Orléans avaient servi William en cette occasion : Suffolk ne devait pas l'oublier.
Cette cruelle expérience de la guerre de France lui avait suffi; ce guerrier éprouvait que la paix était sage. Il rentrait maintenant dans ses larges domaines qu'il embellira, s'occupant surtout de ses propres affiiires. Cultivé et bon, au demeurant, il épouse Alice, la fille de Thomas Chaucer, le speaker, vraisemblablement la petite-fille du poète. On aime les livres dans cet intérieur; le comteWilliam sait le français et pour se distraire, tandis qu'il était captif en France, il avait tourné des rondeaux en se lamentant, sur le mode convenu, des maux que fait souffrir Amour ^ :
Quel desplaysier, quel courous, quel destresse.
Quel griefs, quelx mauls viennent souvent d'amours 3 !
Plein d'humanité aussi, il fondera l'hospice à Ewelme ; il construira en partie l'église de Wingfield ^. Tel était l'homme qui avait sollicité et obtenu la garde de Charles d'Orléans.
Maintenant le duc d'Orléans devait profiter, et de la reconnaissance des Suffolk ' et des intentions pacifiques du gouvernement anglais, qui, lui aussi, venait d'éprouver aux