Un plaisant vent venu de France {Poésies p
6, Poésies^ p. 145.
MÉDITATIONS ET LECTUKES 2J3
à l'autre de l'Angleterre, il songeait à la douce France du blé, du vin, des fruits savoureux, des forêts, des claires rivières, des grosses villes bien peuplées et encloses, enrichies des reliques des saints du Paradis \ Il pensait à ses bonnes villes d'Orléans et de Blois, aux douces gens qui les peuplaient et avaient tant souffert de la guerre^; il songeait à ses belles forêts, aux vins clairs recueillis le long de la Loire et que, de temps à autre, on lui faisait passer ; à sa maigre Sologne, si riche en bestiaux, volailles et venaisons, où, parmi les sables et les bruyères, brillaient les étangs ; au Bourbonnais et au Berry, si proches et pleins de tous déduits ; à la Touraine vineuse dont les châteaux d'architecture délicate se miraient dans de limpides rivières \
Le cas de Charles d'Orléans n'est pas unique. La captivité d'Angleterre avait mis en mauvais point les compagnons de Jean d'Angoulême. L'un des cinq otages y décéda ; un second, Archambaud de Villars, était miné par l'âge et les infirmités ; un troisième, Saveuses fut visité par la maladie 4.
Les seigneurs de France ne pouvaient pas vivre sous le ciel anglais. Dans le préambule d'une délibération du conseil, relative à la rançon du duc de Bourbon, on fait dire au jeune roi Henry : « Ayant en nostre cueur compassion pour la maladie, qui tant l'a détenu, espérant que en l'air de sa nation, plus tost que ailleurs, vendra à convalescence... » >.