Bibl. nat., ms. lat. 2049, fol
réfléchi que le confesseur était spécialement ordonné à trois fins : entendre les confessions, célébrer les messes, prêcher moralement. En ce qui concerne le premier oflice, bien qu'indigne d'entendre le secret de votre conscience, j'ai osé vous envoyer ce Manuel de Confession, confirmé par l'autorité des Saintes Ecritures, et fortifié des lettres signées de votre nom. Au sujet des messes à dire pour votre salut (que je n'oublie pas dans mes prières quotidiennes), à compter de la semaine où j'ai reçu dévotement vos lettres de confession, j'ai résolu d'off"rir à Dieu un service particulier pour votre salut, une fois la semaine. Et puisque la parole divine est l'aliment intellectuel de l'âme, pour le soulagement et consolation de la vôtre, je vous adresse cette conférence ' sur le sujet de Patience. Possédez vos âmes par la patience, dit l'Apôtre : /// patiencia vestra possidehitis animas vestr as (Luc, xi). Dans ces paroles, suivant votre situation présente, je considère trois choses : i° Vous devez rester dans ce lugubre exil, comme il est dit : in patiencia vestra ; 2° vous retournerez, avec l'aide de Dieu, dans vos biens propres : possidehitis ; 3° vous retrouverez les vôtres avec une grande joie : animas vestr as.... »
Ainsi prophétisait Nicolas Bocher, avec simplicité d'ailleurs.
Puis le scolastique définissait la patience : il la disait la victorieuse sans violence ; selon le dit du poète, il la montrait tuant ses ennemis de leurs propres épées. Il la faisait parler : « Ceux qui me possèdent sont forts; ils se rient du diable et le trompent : ainsi on trompe les chiens qui saisissent une pierre et s'y cassent les dents croyant attraper un pain... Ceux qui me persécutent me servent, comme les cuisiniers en la cuisine, et leurs mets sont d'autant plus suaves