Bibl. nat., Pièces orig., 2860, Touraine
déclarait n'être pas marié, n'avoir jamais eu d'enfants, désavouant son nom de Charles et les fleurs de lys, seule la duchesse d'Orléans était celle dont la présence lui agréait ; il l'appelait sa sœur bien-aimée, lui rendait tous les jours visite. Beaucoup le prenaient en mauvaise part, alléguant qu'en Lombardie, d'où elle venait, intoxications et sortilèges sont plus en usage qu'en tout autre pays \
(Quelques années plus tard une crise nouvelle saisit le roi. C'est encore Valentine que le roi Charles réclama ; car il ne pouvait durer sans la voir chaque jour familièrement, l'appelant, absente ou présente, bien-aimée sœur \ De nouveau le bruit se répandit parmi le vulgaire que la folie du roi procédait des sortilèges et maléfices du seigneur de Milan; l'on racontait cette sotte histoire d'une pomme empoisonnée, jetée dans la chambre de la duchesse d'Orléans alors que le dauphin et son propre fils y jouaient, et dont ce dernier d'ailleurs aurait pu être la victime \
Les personnes de sens s'élevaient contre une telle croyance; le religieux de Saint-Denys, loin de partager l'opinion commune sur les nécromanciens, estimait plutôt avec les physiciens que l'infirmité du roi provenait des excès de sa jeunesse +. Quant au seigneur de Milan il envoya à Paris défier qui l'accuserait, lui ou sa fille, de trahison ^
Cependant pour éviter tout scandale, suivant le conseil du maréchal de Sancerre et d'autres personnes illustres, Louis d'Orléans ordonna que Valentine fût éloignée du roi, qu'en
1. Juin 1393 (Reli gieux de Saint-Denys, t. II, p. 86-88 * Juvénal des Ursins, p. 382).