‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 246 sur 639 · Poésies, p · texte numérisé non relu

Poésies, p

2. Dans le ms. de Grenoble ce tableau enchanteur, présenté par les ballades, est suivi précisément des chansons.

3. Poésies, p. 193. — 4. P. 194. - 5. P. 194. — 6. P. 194-195. — 7. P. 195. — 8. P. 195. — 9. P. 196. — 10. P. 196. — II. P. 197. — 12. P. 197.

Le premier est qu'il se tiengne jolis,

Car les dames le tiennent a grant pris ;

Le second est que très courtoisement

Soy maintendra et gracieusement ;

Le tiers point est que, selon sa puissance,

Querra honneur et poursuivra vaillance ;

Le quatriesme, qu'il soit plain de largesse,

Car c'est chose qui avance noblesse ;

Le cinquiesme, qu'il suivra compaignie

Amant honneur et fuiant villenie ;

Le siziesme point et le derrenier

Est qu'il sera diligent escolier

En apprenant tous les gracieux tours,

A son povoir, qui servent en amours :

C'est assavoir a chanter, a danser,

Faire chançons et balades rimer

Et tous autres joyeulx esbatemens i...

C'est pourquoi les poésies du jeune Charles d'Orléans ne se distinguent guère des productions analogues de ses prédécesseurs qui versifièrent sur le sujet de leurs amours.

Ainsi Guillaume de Machault avait jadis raconté ses amours avec Peronelled'Armentières^Le chevalier savoyard, Oton de Granson î, que Chaucer nomma « la fleur de ceux qui font des vers en France », donné par Christine de Pisan

1. La Retenue d'Amours, prologue de ses poésies, p. 1 1. — Pour Martin le Franc, dans son Champion des Dames, ces commandements dateraient de sa prison (Bibl. nat., ms. fr. 12476, fol. 85 vo) :

Se vous n'entendez que je dis, Lisiez ou escoutez le livre Du bon duc d'Orléans, ou dis Conimandemens Amours lui livre...

2. Le Livre du Voir-Dit de Guillaume de Machaut ou sont contées les amours de messire Guillaume de Machaut et de Péronnelle, dame d'Armentieres, avec les lettres et les réponses, les ballades, lais et rondeaux dudit Guillaume et de ladite Péronnelle, éd. P. Paris, Paris, 1875, in-8 [Soc. des Bibliophiles français]. — Cf. les Poésies Lyriques, dans l'éd. de Chichmaref.

3. Oton de Granson et ses poésies, par A. Piaget, dans la Romania, t. XIX (1890).

comme un modèle de gentillesse et de courtoisies avait fait lui aussi un récit de ses amours réelles dans une suite célèbre de ballades ^ Charles d'Orléans emprunta des vers entiers à Granson % qui, lui-môme, répétait des refrains plus anciens 4. Le Savoyard écrivit aussi une complainte de la fête de saint Valentin ^ jour où les amoureux devaient choisir une dame qu'ils promettaient d'aimer fidèlement pendant une année. Elles ne sont guère différentes de forme et d'inspiration les poésies qu'écrivit vers ce temps-là Jeannet de Garencières^ Jeannet avait placé au début de ses poésies VEnseignement du Dieu d'Amours, comme l'a fait Charles d'Orléans. Charles connut également ce recueil et l'imita Comment s'en étonner? Ils étaient bien jeunes tous deux et avaient vécu dans le même milieu.

Mais sur beaucoup de points Charles d'Orléans est déjà lui-même : la musique, la rapidité des indications, cette

1. Le bon Othe deGrançou le vailLant, Qui pour armes tant s'ala travaillant, Courtois, gentil, preux, bel et gracieux

Fu en son temps. Dieu en ait l'ame es cieulx !

(Débat des deux amants). li mourut le 7 août 13Q7, à Bourg en Bresse, dans le duel avec Gérard d'Estavayer (A. Piaget, op. cit., p. 243). Cf. le curieux passage du Champion des Dames (ms. fr. 12476, fol. 85 vo).

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