‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 27 sur 639 · E. Jarry, op. cit., p · texte numérisé non relu

E. Jarry, op. cit., p

La duchesse d'Orléans partit avec l'estime des gens de bien et des poètes. L'un de ces rimeurs la jugeait une autre « Suzanne diffamée » ' ; Eustache Deschamps assure qu'elle méritait la louange de tous ^ : quant au religieux de Saint- Denys il déclarait les calomnies semées contre elle sans aucun fondement \

Ses très jeunes enfants la suivirent. Louis, l'aîné, était mort au mois de septembre 1395 ; Charles était âgé d'un an et huit mois ; en 1396, à la fin du mois de juillet, Valentine avait mis au monde un autre fils ^ qui, de son parrain, le duc de Bourgogne, reçut le prénom de Philippe ^ Sans doute elle surveilla de près les soins donnés à ses enfants. Elle les aima passionnément et la solitude les lui rendit plus chers encore.

Valentine était lettrée. Eustache Deschamps, son « povre sergent », qui avait jadis reçu d'elle un beau reliquaire, abonde en éloges sur sa douceur et sa bonté :

De son païs est forment regretée

Et ou elle est se maintient nette et pure.

Et c'est vrai que, l'ayant cru mort, Valentine et ses demoiselles avaient fait chanter une messe en souvenir du rude et bon poète 7. Honoré Bonet, peu après son exil, lui avait dédié son Apparition de Jean de Meun ^ et Christine de Pisan sa Descrip-

î. Honoré Bonet, L'apparition de Jean de Menu ou le Songe du Prieur de Salon, p. p. le baron J. Pichon, Paris, 1845,

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