‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 28 sur 639 · Bibl. nat., ms. fr. 811. Cf. le fac-similé, p · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. fr. 811. Cf. le fac-similé, p

l'enfance 15

Hon delà Prudhomie de F Orne \ Gilles Malet, ce grand bibliophile, était maître de son hôteh. Valentine aimait les beaux livres d'heures, l'Office de saint Ambroise de Milan, saint Cyprien, les Voyages de Mandeville ; elle lisait les aventures de Gyron le Courtois (il fallait recoudre en 1398 la plupart des cahiers de ce volume usagé), le Traité de l'âme et du cœur et son grand livre en français du roi Arthur K Parfois aussi elle jouait de sa ce belle harpe ^ », brodait avec du fil d'or, faisait avec ses dames des parties d'échecs et de tables >.

Sa vie s'écoulait ainsi monotone ^ Elle montait à cheval, et nous savons que la selle dont elle usait était brodée, bien garnie et étoffée, à franges de soie et rubans d'or à sa devise ; son harnais, décoré de broderies à clous d'or fin ; que les mors et les étriers de son cheval étaient dorés ^ Elle chassait aussi à l'épervier ; et ses oiseaux, retenus par des longes de soie à gros boutons, portaient des sonnettes à la façon de Milan ^. Ainsi, à la campagne comme à la ville, Valentine menait train de reine- Telle nous apparaît cette noble dame dans le dessin que fit d'elle un contemporain, couronnée et siégeant sur une sorte de trône, au milieu des demoiselles de sa suite 9, très élégamment vêtue d'un corsage ajusté et du surcot fendu laissant voir sa ceinture d'or. C'était là un vêtement d'apparat,

1. De Laborde, t. III, no 6631. Cf. J. Camus, op. cit., p. 8.

Page 1