De Bcaucourt, t. III, p
de la bonne diligence qu'il avait prise dans l'administration de ses pays \
Mais Charles d'Orléans demeura à Calais, sous la garde de John Stourton, étroitement surveillé, car les Anglais craignaient qu'on ne cherchât à le faire évader-. C'est de là qu'il adressa à Philippe le Bon la ballade :
Puisque je Suis vostre voisin 3.
Il le nommait son « compaignon, frère et cousin », demandait instamment de ses nouvelles. Il lui faisait part des prières continuelles qu'il adressait à Dieu en faveur de la paix :
Chascun doit estre bien enclin Vers la paix, car certainement Elle départira butin De grans biens a tous largement.
Guerre ne sert que de tourment ; Je la hé, pour dire le voir :
Bannie seroit plainement S'il en estoit a mon vouloir!
Va, ma balade, prestement A Saint-Omer, monstrant comment Tu vas pour moy ramentevoir Au Duc, a qui suis loyaument.
Et a tout son commandement.
S'il en estoit a mon vouloir.
Bientôt la nouvelle que Monseigneur était arrivé à Calais^ remplissait de joie les habitants de ses bonnes villes. A Orléans, Guillaume Chartier, de l'ordre des Jacobins, fit un notable sermon. On porta dans leurs châsses, autour de la
1. Monstrelet, t. V, p. 431. — Le Bâtard était accompagné de Jean de Saveuses (Bibl. nat., P. orig. 2653, Saveuses, 7).
2. Stevenson, Wars of the English in France, vol. I, p. 432-433.