British Muséum, Add. ch
6. 13 décembre, engagement de Charles, duc de Bourbon, 20.000 saluts (K. 65, no 1 5 11), de Pierre de Bourbon (K. 65, no 1 5 ; 14 décembre, de Louis le dauphin, 30.000 (K. 65, no 15 11) ; du 2 décembre au 15 janvier 1440, engagements de Charles d'Anjou, du comte d'Eu, de Jean de Bueil, de Hardouin de Maillé, de Pierre
Près de toucher au terme de ses désirs il se sentait tout rajeuni, malgré ses quarante-cinq ans :
J'ai tant joué avecques Aage A la paulme, que maintenant J'ay quarante cinq sur bon gaige.
Nous jouons non pas pour néant :
Assez me sens fort et puissant De garder mon jeu jusqu'à cy, Ne je ne crains rien que Soussy i.
Charles commençait à plaisanter et raillait son valet ivrogne :
Prince, pour aller jusqu'au Rin, D'un baril a fait son ronssin Et ses espérons d'un foret :
Dieu me le sauve ce varlet ^ !
Lui quon aurait pris jadis pour le prisonnier d'Amour plutôt que le captif des Anglais, il parlait maintenant comme un cynique : il méprisait l'amour qui abêtit les vieillards et fait les jeunes gens outrecuidants :
Ce qui fait le ventre lever Ce n'est fors que plaisant folie 3.
Les allées et venues commençaient. Hue de Saint-Mars partait en Angleterre, au mois d'avril 1440, pour aller voir le I duc d'Orléans 4 ; en ce temps-là on hébergeait Robert Roos, chevalier anglais, et Wenlok, son écuyer ; de la part de
d'Amboise, de Martin Gouge, évêque de Clermont (K. 65, no 15 u), de Prégent de Coëtivy (K. 65, no 15 16), de Charles d'Albret (K. 65, no 15 16)^ d'Arthur de Bretagne (K. 65, no 15 23). Le 10 juillet 1440, Isabelle de Bourgogne s'engageait à payer 15.000 nobles (K. 72, no 56 ; le 17 juillet, Jean de Bourgogne, comte d'Etampes, 6.000 écus (K, 72, n» 56) et de même Charles, comte de Nevers (K. 65, no 15 24); Jean de Daillon prêta i.ooo écus d'or. (K. 72, no 5627). ■ — Le j 30 avril 1452, le connétable, qui ne passa jamais pour un prodigue, déclarait avoir I reçu l'acte par lequel il s'était engagé, le 20 décembre 1439, envers le roi d'Angleterre en la somme de 6.000 saints. (Arch. nat., K. 72, no 56 ^7). Cette série d'obligations se rencontre aussi en partie dans Rymer, t. X, p. 794 et suiv. I. Poésies^ p. 156. — 2. P. 157. — 3. P. 158. 4. British Muséum, add. ch., 3897.
^02 VIE t)E CHARLES D*0RLÉANS
Charles on leur offrait deux chevaux du prix de 210 écus d'or^
Le Bâtard, qui venait d'emprunter de l'argent à la ville d'Orléans % partait pour Saint-Omer, ainsi que le chancelier de France. Ils ne rencontrèrent pas d'ailleurs les plénipotentiaires de Henry VI 3. Mais la duchesse de Bourgogne avait tout réglé avec l'évtque de Winchester. Au mois de mai 1440, la question de la délivrance du duc d'Orléans fut mise en délibération devant le conseil privé d'Angleterre \
On y déclara d'abord la rumeur populaire favorable à l'élargissement du duc d'Orléans ; qu'il accomplirait bien des choses convenues entre le roi d'Angleterre et lui ; que sa délivrance ne résultait ni du seul vouloir du roi ni de légèreté d'esprit, déterminée qu'elle était par de notables causes tendant au bien du roi, à celui de son peuple, dont quelquesunes demeuraient secrètes.
Venant ensuite à des considérations plus particulières, le roi Henry proclamait que le souverain et singulier désir que l'on puisse avoir par-dessus toutes choses terrestres était une bonne paix, « the goode paix ». Depuis plus de cent ans la guerre durait entre les nobles rois ses ancêtres et ses adversaires de France ; il était temps de mettre fin aux grands inconvénients et maux qui en découlaient et menaçaient de ne jamais prendre fin.
Et d'abord, au regard de Dieu et du culte divin, le roi anglais disait le grand trouble de l'Eglise, la rage du schisme impossible à apaiser, sinon par l'union des deux royaumes.
Considérant ensuite combien son noble aïeul, le roi