De Beaucourt, t. III, p
4. Stevenson, IVars of Ihe English in France^ vol. II, part, II, p. 451 et suiv.
La délivrancë 30^
Edouard, qui fut le premier des rois anglais à qui vint la couronne de France, peina dans la guerre, y dépensa tout son argent, engagea toutes ses terres, le roi Henry déclarait que tant d'argent dépensé, de princes tués n'avaient su depuis lors assurer la conquête de la France, si pleine de villes fortifiées, de châteaux, et coupée de rivières et de montagnes. Même après la noble victoire d'Azincourt, son père se trouvait en grande détresse de biens et dans l'impossibilité de continuer la guerre.
Enfin, ses adversaires de France ne voulaient pas entendre parler de paix si elle ne comportait la délivrance du duc d'Orléans. D'ailleurs n'était-il pas contraire à la loi des armes de tenir en perpétuelle prison un homme pris honnêtement à la guerre et prêt à acquitter une raisonnable finance ?
On a paru craindre ici que le duc, qui est un grand homme etplein d'intelligence ne divulguât en son pays la loi et le gouvernement du nôtre : c'est là un danger imaginaire. Jamais il n'a été appelé ni au conseil ni au gouvernement et, ce qu'il en peut connaître, n'est que par ouï-dire : ses gardiens n'ont pas eu coutume de le laisser parler à personne, sinon en leur présence, et toujours de façon à pouvoir l'entendre. Dans tous les cas, il ne serait pas le seul des prisonniers à savoir de telles choses, beaucoup d'entre eux ayant séjourné à Londres et en d'autres places ^
Ainsi l'estimait le conseil du roi Henry.
Tant de raisons n'avaient été produites que pour répondre aux avis que venait de donner à entendre Humfrey, duc de Gloucester (mars 1440).
C'était un homme passionné, changeant aussi et fort ambitieux; violent et faible, comme le sont toujours les