‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 298 sur 639 · Poésies, p · texte numérisé non relu

Poésies, p

lippe le Bon avait fait parler au duc d'Orléans pour savoir s'il ne prendrait pas en mariage une sienne nièce, fille de sa sœur, duchesse de Clèves, qui demeurait en son hôtel. Bonne occasion qu'une alliance pour oublier toutes les querelles passées ' ! On pense si le duc d'Orléans, considérant la servitude et le « grand danger » où il se trouvait, agréa volontiers une telle proposition ^ Et tandis que la duchesse de Bourgogne bataillait si âprement pour lui aux conférences de Gravelines, Charles avait pu voir la demoiselle de Clèves parmi les dames de sa suite.

Marie de Clèves, que la duchesse de Bourgogne donna à Charles d'Orléans pour épousée, avec la liberté, était fille d'Adolf de Clèves et de Marie de Bourgogne. Marie, la huitième née de leurs enfants, avait été élevée aux frais et à la cour de son oncle de Bourgogne; car, l'un après l'autre, la duchesse de Bourgogne les mariait, et fort avantageusement 3.

Sur cette maison de Clèves on raconta, un peu plus tard, de belles fables. Elle tirait, disait-on, son origine de cette demoiselle qui, du château de Nimègue, regardant le Rhin couler en temps clair, vit venir à elle le beau cygne à la chaîne d'or qui tirait une nacelle : un jeune homme y était assis, tenant à la main une épée dorée, une trompe de chasse et un anneau précieux. Ils avaient échangé de gracieuses et plaisantes paroles : le jeune homme avait déclaré à la jeune fille qu'il était venu pour la défendre, pour chasser et vaincre les ennemis qui la molestaient. Il lui parut si bien qu'elle s'en amouracha et lui déclara qu'il serait son mari. Le chevalier lui avait alors fait défense de jamais le ques-

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