‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 304 sur 639 · Monstrelet, t, V, p · texte numérisé non relu

Monstrelet, t, V, p

Charles d'Orléans avait bien 300 chevaux en sa retenue. Il distribuait son ordre à qui le lui demandait. Certains espéraient bien qu'il allait jouer auprès du roi Charles de France un grand rôle; peut-être, il le croyait lui-même \

En cette brillante compagnie, de Tournai le duc d'Orléans gagna Valenciennes % puis Quesnoy-le-Vicomte où sa belle cousine, la comtesse douairière de Hainaut, le fêta joyeusement. Après qu'elle lui eut donné certains présents il s'en vint à Cambrai, où il reçut de nouveaux cadeaux^, et, ce qui sans doute lui fut bien sensible, 500 écus d'or de France. C'est à Cambrai que Charles d'Orléans apprit la mort de Jean de Luxembourg, ce vieux soldat, éborgné à la bataille, serviteur obstiné de la querelle bourguignonne (il n'avait toujours pas donné son serment à la paix d'Arras), rigide protecteur des villes de Picardie dont il assurait, à main armée, la tranquillité. Cette nouvelle retint deux jours de plus Charles à Cambrai ; il sollicitait des gouverneurs de la ville de le vouloir élire gardien de leur cité. Ce dont ils s'excusèrent du mieux qu'ils purent, déclarant n'avoir pas le consentement de leur évêque 4.

Le 23 décembre le duc et la duchesse d'Orléans arrivèrent à Amiens. Le duc de Bourgogne se rendit de nouveau à leur rencontre. Après de grandes révérences, on gagna le parvis Notre-Dame ; devant le portail les attendaient levêque et le clergé, revêtus de leurs chapes, portant la

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