‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 319 sur 639 · Monstrelet, t. VI, p · texte numérisé non relu

Monstrelet, t. VI, p

longue captivité, toutes ses souffrances, et avait bien l'intention de l'aider au moyen des sujets de son royaume et des seigneurs qui protestaient avec lui k

On assure toutefois que Charles VII ne se montrait guère satisfait des assemblées que tenaient alors les princes. Les gens de son hôtel lui disaient que de semblables réunions n'étaient pas pour son bien ; que les seigneurs de France cherchaient à convoquer les nobles du royaume, le clergé et le commun pour établir de nouvelles ordonnances et donner le gouvernement aux trois Etats : ce qui ne manquerait guère d'être fort préjudiciable à son autorité. A quoi le roi Charles répondit qu'il ne pouvait croire que les seigneurs voulussent rien faire de tel contre lui ni contre sa majesté royale; s'il apprenait que c'était là leur intention, il laisserait toute autre besogne pour leur courir sus, comme il avait fait aux Anglais, ses antiques ennemis ^

Ce qui était vrai. La conscience de sa force donnait alors tant de calme et de modération au roi Charles. Il fit garder soigneusement les pays de la rivière de Seine et l'Ile de France, la frontière de Normandie, passa en Poitou où il confisqua les places de la Trémoille, visita la Rochelle, se rendit à Limoges pour y célébrer la Pentecôte 3.

Pouvait-il plier devant cette coalition féodale, formée sous le nom du duc d'Orléans, assez bonasse, qui venait de faire agir l'influent Bâtard pour lui imposer de force la paix, quand la guerre, si longtemps contraire, lui laissait espérer la reconquête totale de son royaume ? Pourquoi se fier à une ligue

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