‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 327 sur 639 · Rymer, Fœdera, t. XI, p · texte numérisé non relu

Rymer, Fœdera, t. XI, p

traité avec la France. Car non seulement les ambassadeurs avaient mission de conclure soit une paix générale, soit une trêve, mais ils devaient (projet intolérable au sentiment anglais) traiter le mariage de leur souverain avec une princesse française.

Quant au roi Charles il était décidé, en attendant l'issue des négociations, à ne pas désarmer, prêt à « exposer sa propre personne au fait de la guerre et au recouvrement de ses pays, soit par bataille, soit par sièges ou autrement, comme Dieu le lui conseillera » \

Déjà les seigneurs de France se mettaient en route pour prendre part aux travaux et aux fêtes dont l'ambassade anglaise allait être l'occasion.

La Saint-Valentin (14 février) de l'année 1444 trouva réunis le roi René et Charles d'Orléans.

Ce n'était pas la première fois que le duc d'Orléans rencontrait le fils d'Yolande d'Aragon et de Louis II d'Anjou, si zélé pour la cause orléanaise. L'année précédente il avait pu le voir à la cour du roi à Poitiers : mais pour la première fois ils se trouvaient de loisir, attendant la venue des Anglais.

La destinée de ces deux princes de la fleur de lys avait été assez semblable ; dans des temps difficiles tous deux avaient fait l'expérience du malheur.

Le roi René % qui avait alors trente-cinq ans, était plus riche d'un blason chargé d'émaux que d'une souveraineté réelle. Si à l'Anjou, au Maine et à la Provence il avait ajouté la Lorraine par son mariage avec cette Isabelle qu'il chérissait, il était aussi roi de chimériques royaumes sur les-

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