De Beaucourt, t. III, p
2. Lecoy de la Marche, Le roi René, sa vie, son administration, ses travaux historiques et littéraires, Paris, 1875, 2 vol. in-80.
quels il n'avait hérité que des prétentions paternelles. Ainsi il s'intitulait roi de Jérusalem, d'Aragon, des deux Siciles, de Valence, de Majorque, de Sardaigne et de Corse, duc d'Anjou et de Bar, comte de Barcelone et de Provence, de Forcalquier et de Piémont. Défait dans la guerre de Vaudémont, il était demeuré six ans le prisonnier du duc de Bourgogne, et fort malheureux. Sitôt délivré, il avait repris courageusement les prétentions de la maison d'Anjou à une domination qui devait s'étendre de l'Espagne à la Grèce. Héritier désigné du royaume de Naples, René avait combattu comme un « lion déchaîné » ; trahi, il avait dû repasser les Alpes \
Il était alors rentré en son Anjou, bien apaisé, embellissant son duché, s'intéressant passionnément aux travaux d'art des constructeurs, des enlumineurs, des peintres, aux productions des poètes. C'est un fait qu'il savait peindre de sa main des images selon la discipline des Flamands, c'est-àdire à l'huile et sur de petits volets de bois.
Oue faire lorsque deux « bons » sont de loisir ? Le duc Charles l'eut bien vite trouvé. Ils échangèrent des poésies et leurs préciosités.
Charles d'Orléans arrivait alors à la cinquantaine. On ne s'étonnera donc pas du langage qu'il tint à cette Saint- Valentin, où la tradition voulait que l'on choisît, au point du jour, une dame de ses pensées pour toute l'année, une Valentine. Je suis trop las, disait-il, pour choisir ma paire:
... Nonchaloir, mon medicin.
M'est venu le pousse taster.
Qui m'a conseillé reposer Et rendormir sur mon coussins