‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 335 sur 639 · Bibl. Nat., P. orig., 2158, Orléans · texte numérisé non relu

Bibl. Nat., P. orig., 2158, Orléans

à Châlons où, semble-t-il, la duchesse l'avait devancé

Dans une grande assemblée de noblesse quelques entreprises d'armes étaient nécessaires pour réjouir l'assistance. Or, comme le roi de France et René s'en allaient jouer aux champs, après souper, faisant des bouquets d'herbes et de fleurs et devisant gracieusement, survint Charles, comte du Maine, frère de René, avec Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol. Ils commencèrent à entretenir les dames du grand état que tenait alors le duc Philippe de Bourgogne, des joutes et fêtes merveilleuses qui se donnaient chaque jour à sa cour. Quelques Français se prirent à dire : « Certes, pareil prince comme le duc de Bourgogne ne se trouve en France, ni plus courtois ». Le comte du Maine répondit : « Il nous convient de faire quelque chose dont on parlera... Nous, qui sommes en grand nombre à la cour du roi, ne faisons que dormir, boire et manger ». Ils résolurent de tenir un pas d'armes de huit jours.

Quand, à la grande joie de tous, on le proclama, Jaquet de Lalaing, un jeune écuyer, était assis auprès de la duchesse d'Orléans et de la duchesse de Calabre, la bru du roi René. Madame de Calabre lui dit en souriant : « Jaquet de Lalaing, vous avez ouï comment les comtes du Maine et de Saint-Pol ont fait publier une joute où je crois que ne manquerez pas d'y être ? » — « Non pas, répondit pour lui madame d'Orléans, il n'en voudrait nullement être empêché, carde ce faire sont assez appris. Beaux frères de Clèves sont assez accoutumés de jouter et tournoyer en l'hôtel de bel oncle de Bourgogne : tous ébatements s'y font chacun jour ». Et messire Jaquet de répondre : ce Mes très honorées dames, si c'était le plaisir de vous deux que durant ces joutes me voulussiez

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