I. La cour séjourna à Châlons entre mai et août
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retenir pour votre écuyer et serviteur, je me tiendrais bien heureux de pouvoir faire quelque chose qui fût à l'honneur de vous deux. » Madame d'Orléans lui dit : « Jaquet, mon ami, il y a bon espace de temps que vous ai vu avec beau frère de Clèves, pour quoi je puis bien avoir quelque droit sur vous, et vous retenir mon écuyer. » — « Madame, répondit Lalaing, qui est au frère il doit être à la sœur ». Jaquet ramena madame d'Orléans à son logis et prit congé d'elle. Courtoise et souriante elle lui souhaita bonne nuit : «Jaquet, on ne vous voit qu'aux bons jours. Je ne sais, à l'avenir, comment vous en ferez ? » — « Madame, il faut mieux tard que jamais. » — « Amen ! » dit la dame. Et prenant Jaquet par la main elle lui donna une verge d'or où était enchâssé un beau rubis.
Or madame de Calabre désirait fort aussi d'avoir ses devises; Jaquet, de rester en la grâce de l'une et de l'autre. Toutes deux l'écoutaient volontiers parler, désirant bien que leurs maris lui ressemblassent. Toutes deux n'avaient pas mal choisi : Jaquet était beau, bien fait de tous ses membres, courtois et débonnaire.
Ainsi l'affirme du moins le biographe enjoué de ce militaire avantageux \ Certes, Monseigneur d'Orléans arrivait à la cinquantaine : il était lourd et grisonnant. Mais comment igno-
; rait-il que Calabre était un jeune homme, et fort accompli^ ?
j Or Jaquet devisait un jour avec l'une, le lendemain avec
1 l'autre. Et, sans qu'elles s'en doutassent, il savait ainsi les
j contenter.
I Mais on le^ vit bien confuses et mélancoliques quand, au jour de ^la joute, monté sur son destrier tout houssé