Arch. Nat., KK. 270 ; Bibl. Nat., P. orig., 2158, n
fidèles d'Asti, une nouvelle épître latine, d'autant plus chaude que sa réalisation se faisait sans doute plus lointaine :
« Bien aimés et fidèles ! Supportez sans douleur ni étonnement notre retour, si tardif à vos vœux. Il était nécessaire que nous réunissions les secours de tous et nous ne pouvions besogner plus vite. Mais nous reviendrons d'autant plus fort. Nous avons vu notre illustre frère le duc de Bourgogne, qui nous donnera grande somme d'argent et force gens d'armes : bientôt ils prendront le chemin de Lombardie. Plusieurs grands seigneurs de France nous fournissent également des secours. Maintenant nous allons vers le sérénissime seigneur, notre Roi, afin d'avoir de lui licence, et obtenir que les gens qu'il nous baille se mettent en route de suite. Puis, en toute hâte, nous viendrons vers vous, soutenu par un grand nombre de gens d'armes. Aussi tous mes amis auront cause de se réjouir véhémentement, comme nous avons confiance dans votre fidélité et bienveillance I ! »
En vérité le duc d'Orléans gagnait, par une sentine descendant la Loire, Tours, où il n'oubliait ni les poinçons de vin à distribuer aux membres du conseil % ni les portiers du roi, comme il convient. Il installait ses Lombards en l'hôtellerie de la ville, aux Trois Roys, et faisait payer 400 écus d'or à Jean Foucault pour ses services 3. Il recevait des lettres d'Asti. Un marchand lui faisait voir des chevaux. Et sans doute il rencontra le Connétable, Monseigneur de Néry et Monseigneur de Bourbon 4. Mais, comme il l'espérait, obtint-il quelque aide du roi de France? Le fait demeure douteux et nous savons Charles VII assez peu disposé à soutenir ses vassaux dans leurs droits comme dans leurs prétentions. Le 13 février, nous voyons du moins que le duc d'Orléans était de retour à Blois, et sans doute fort désargenté. Ainsi, le 26 du même mois, la dame des Trois Roys de Tours, qui se