De Laborde, t. III, n°s
parfois on avait dû ouvrir la route à coups de bêches. Les chevaux avaient souffert comme les gens. Aussi, passant par Noyon, Charles, cet humain prince, faisait-il offrir deux cierges de six livres à saint Eloi « pour l'offrande » de ses chevaux et de ceux de la duchesse; à l'abbé il avait loué sept chevaux
Nous ignorons les propos échangés entre Charles d'Orléans et Philippe le Bon ; nous savons seulement que ce dernier remit à Antonio Astesano 36 L, en récompense d'un livre « touchant plusieurs moralités et histoires » ^ ; qu'il paya aussi la dépense du duc d'Orléans : pour huit jours elle se monta à 800 L, en monnaie de Flandre 3.
Le duc d'Orléans repartit avec autant de hâte qu'il était venu. Le 31 décembre, les sergents à masse de la ville d'Amiens lui faisaient escorte + ; ainsi il se mettait en route, la veille du jour de l'an, ayant entendu toutefois les ménétriers aveugles joueurs de luth et de guitare, ceux du duc de Bourgogne, le tambourineur d'Adolf de Clèves, et vu un joueur de passe-passe 5. Charles venait de recevoir avec joie l'argent que Jean Foucault lui avait apporté d'Orléans en toute hâte ; car il fallait faire vivre, entretenir le zèle des Lombards qu'il avait en sa compagnie, comme ces deux marquis de Ceva^ Le i^^ janvier 1449, Charles d'Orléans passait par Montdidier, où il reçut un travers de vin et fit un don de 13 s. 9 d. « à une bonne femme qui avait tué son mari » 7. Le 7, il repassait par Paris, d'où Antonio Astesano adressait en son nom, à ses
î. Arch. Nat., KK. 270.
2. G. Doutrepont, La littérature française à la cour des ducs de Bourgogne, p. 454.