‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 36 sur 639 · Discours en faveur du duc d'Alençon · texte numérisé non relu

Discours en faveur du duc d'Alençon

6. 15 février 1404. Quittance de Franchequin Jouan, marchand et bourgeois de Paris, de 148 1. 10 s. (Bibl. nat., P. orig., 1588, Jouan 2).

7. Jarry, op. cit., p. 251 ; quant à Marguerite elle naquit en 1406.

l'enfance 23

Louis avait eu de « Maret la tonse, mignote », celle-là qui ce le mieux dansoit » \ Mariette d'Enghien, dame de Cany. Valentine le voyant de bonne mine se contenta de dire qu'on le lui avait « emblé » ^ (volé). Jean, Bâtard d'Orléans, vécut désormais avec les autres enfants et ne fut pas le moins aimé.

Ainsi passait le temps, entre Loire et Aisne, Valentine visitant tour à tour les domaines de son mari \ chassant ou se faisant lire les beaux romans en français, Perceval le Gallois, les Histoires de Troie, le grant Ovide, la Bible en français, les Evangiles et les Epîtres

De son enfance Charles d'Orléans conserva un souvenir attendri. Beaucoup plus tard, dans la grande allégorie qu'il ajouta en guise de préface à la collection de ses premières poésies, il dira :

Ou temps passé, quant Nature me fist En ce monde venir, elle me mist Premièrement tout en la gouvernance D'une Dame qu'on appeloit Enfance, En lui faisant estroit commandement De me nourrir et garder tendrement, Sans point souffrir Soing ou Merencolie Aucunement me tenir compaignie :

Dont elle fist loyaument son devoir ; Remercier l'en doy, pour dire voir ^.

Comment l'enfant, même s'il ne ht que les entrevoir, n'aurait-il pas été frappé de tout le luxe et de la chevalerie qui entourèrent son berceau ? Il leur dut ses impressions premières et ses idées. Il ouvrait des yeux émerveillés sur toutes ces richesses ; la vie, dans ces belles demeures où l'on passait tour à tour, pouvait lui sembler une fête.

1. Le Pastoralet, v. 362 ; entre 1402 et 1404 (Jarry, op. cit., p. 295).

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