‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 362 sur 639 · Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, t. II, p · texte numérisé non relu

Chastellain, éd. Kervyn de Lettenhove, t. II, p

C'est à Blois, et non à^Orléans, que Charles devait en effet résider à son retour en France : Blois, la première acquisition de son père sur ce grand « contracteur », Guy de Châtillon (1391) Mais Louis, toujours affairé, n'avait guère séjourné dans ce pays que Froissart estimait « bel et noble » ^ C'est à Blois toutefois, dans la vieille et robuste forteresse des comtes, que Valentine, aussitôt après le meurtre de son mari, avait fait mettre en sûreté les orphelins 3. Charles y passa donc une partie de son enfance, celle du moins qu'il put soustraire à la poursuite de sa vengeance. D'autres souvenirs le rattachaient encore à Blois : là sa mère était morte ainsi que sa femme bien-aimée Isabelle.

Orléans fut toujours pour lui la grande ville la grosse cité, militaire, commerçante, universitaire, libre etparfois rebelle^, i très jalouse des privilèges concernant son vin 6. La ville délij vrée par la Pucelle porta d'ailleurs longtemps les plaies du I terrible siège des Anglais. Le Chdtelet, alors la résidence des ducs, demeurait inhabitable, en partie démoli par le canon 7.

On contait qu'un roi de France, questionné par un empereur au sujet de la cité de son royaume qu'il préférait

1. Froissart, 1. IV, ch. 25. — E. Jarry, op. cit., p. 82 et suiv.

2. Il y fit son entrée le 31 août 1403 (Blois, Joursanvault, no loio).

Page 1