Poésies, p
5. Voir l'affaire des armes ducales peintes sur les portes de la ville (Arch. communales, ce. 540). En 1457 Charles d'Orléans plaidait devant le parlement
! de Paris contre les habitants d'Orléans au sujet d'une prise de blé (Bibl. Nat.,
I P. orig., 2159, Orléans, n° 662).
! 6. Arch. comm. d'Orléans, AA. 5 ; CC. 538.
j 7. Les canons avaient touché le portail sur le pont ; une brèche se trouvait entre i le portail et la salle (Arch. du Loiret, A. 2143). En 1440, le Chàtelet était encore vide (Arch.^u Loiret, A. 21 71) ; en 1449, le roi, de passage à Orléans, logeait chez le trésorier (Arch. communales, CC. 555). Cf. L. Jarry, Le Chdtelet d'Orléans au xve siècle... Orléans, 1873, in-8 (plan) ; Lottin, Recherches, t. I, p. 300 — Quand Antoine Astesan visita le Châtelet, en 145 1, il avait été reconstruit en partie 1 (Le Roux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 571).
entre toutes, avait répondu : « Orléans ». L'empereur reprenant : « Mais Paris? », le roi aurait répliqué : « Paris n'est pas une cité, c'est un monde » \ A la même question Charles d'Orléans aurait sans doute répondu : «Blois ».
Certes, entre toutes les bonnes villes assises sur la rivière de Loire, on pouvait déjà estimer Blois, « ville très gentille de la florissante France »\ Du moins un territoire fertile, riche en vignoble \ donnant un vin salutaire, des forêts verdoyantes, une campagne coupée de petites rivières, de prés, de guérets produisant toutes sortes de grains et de fruits, un gibier abondant pour la chasse, assuraient le plaisir essentiel de toute vie campagnarde 4. Quant au climat, on le dira plus tard l'un des plus salubres du royaume, donnant « bonne vie et longue ».
Petite ville délicieuse et plaisante que Blois, où les eaux et les fontaines sourdaient en clairs ruisseaux et retombaient en gracieux murmures. Antonio d'Asti qui vit, l'an 145 1, la belle fontaine de pierre à gargouille de cuivre, assise au milieu du bourg, dite de l'Arsis, assure qu'elle eût plutôt mérité le surnom de Gaia, à l'instar de celle de Sienne. Là se rassemblaient de belles et fraîches jeunes filles que l'Italien, émerveillé, contemplait d'un hôtel voisin, et qu'il ne
1 . Jodocus Sincerus (Voyage dans la vieille France..., tr. du latin par Thalès Bernard, Paris, 1859, în-12), p. 66-67.
2. Ce sont les termes dont usera, auxvF siècle, le cosmographe du Théâtre des Cilei du monde dont nous avons extrait le plan de Blois. — Sur la topographie de Blois au xye siècle, cf. J. Bernier, Histoire de Blois, 1682, in-40 ; L. Bergevin et A. Dupré, Histoire de Blois, 1846, in-8, p. 451 et suiv. ; J. Soyer, Etude sur la communauté des habitants de Blois, 1894, in-8 ; J. de Croy, Nouveaux documents sur l'histoire de la création des résidences royales des bords de la Loire, 1894, in-8, p. 26 et suiv. ; J. Soyer. Compte des recettes et dépenses de la ville de Blois en Van 1404, Blois, 1900.
3 . « En ceste ville de Blois a grant abondance de vins les quelx, sans courratier ,| en ladicte ville, les bourgois manans... ne peuvent bonnement iceulx vendre...» | (Arch. Nat,, 1- 334, 18 janvier 1441). |
4. Leroux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 568 ; Héraut Berry, p. 40, 50. |
Là vie à blois 383
craignait pas de préférer aux Lombardes elles-mêmes ^ Quant au héraut Berry il estimait les habitants de ces contrées « bonnes gens et honnêtes, plus que ceulx de delà la Loire y)\ Plus tard un voyageur dira comment, en accord avec la douceur de l'air et la bonté de leur territoire, ils usaient entre eux de manières civiles, en leurs communes conversations et devis familiers de grande courtoisie, parlant avec élégance et faconde un français extrêmement pur \ Ce ne sont pas de telles raisons qui fixèrent Charles d'Orléans à Blois : la sécurité de ce grand château, que Froissart nous dit (c beau, fort et plantureux », avait déterminé Valentine à y abriter ses jeunes enfants. Charles revint tout naturellement aux lieux où une partie de son enfance s'était écoulée.
Si la ville de Blois s'est développée et reconstruite pendant la paix, le vieux château, lui, n'a guère changé. C'est l'antique et spacieuse forteresse, celle que verra l'Astesan au milieu du xv^ siècle « pourvue de si grands bâtiments qu'elle peut recevoir plusieurs milliers d'hommes et de chevaux » ^. Elle s'érige sur la motte, sur un côté de l'enceinte de la ville, telle que l'ont édifiée les anciens comtes de Blois, formant une sorte de trapèze défendu par deux grosses tours au nord et au midi ; au pied de celle du sud, hourdée et fortifiée par une poterne, règne une vaste cour limitée par la seconde enceinte,
I Là s'élèvent la belle église Saint-Sauveur, portant au ciel ses grosses cloches >, les communs et les écuries, à l'ombre de la
' motte et de l'église : au demeurant une sorte de lieu public ^
I I. Leroux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 568.
1 2. Héraut Berry, p. 40.
I 3. Théâtre des Cite^ du monde.
\ 4. Leroux de Lincy, Paris et ses historiens, p. 568.
; 5. BibL de Blois, Joursanvault, nos 1351, 1353.
! 6. En 1490, défense était faite aux portiers du château d'y laisser jouer aux tables, aux dés, aux cartes et aux boules (Arch. Nat., KK. 902, fol. 14).
Charles d'Orléans, en 1409, demeurait au troisième étage de la grosse tour du sud, le donjon, nommée aussi tour de la trésorerie ou du Foix'. Une armoire à trois rayons se dressait entre les deux fenêtres, près de son lit, et Beaugency, son secrétaire, en conservait les clefs. Ses livres occupaient les rayons du milieu et du haut de cette armoire ; dans celui du bas se trouvait un coffre ferré et recouvert de cuir noir où Ton enfermait joyaux et bijoux ^ C'est dans cette pièce que Charles d'Orléans fit disposer les livres rapportés d'Angleterre, ceux qu'il retrouva en France, dont Jean de Bruxelles, son valet de chambre, paraît avoir eu la garde. Là encore on conservait, dans le coffre de Pierre Sauvage, les cédules écrites d'Angleterre 3.
Vraisemblablement, en des temps plus sûrs, Charles occupa la partie du château annexée au donjon qui regardait la Loire. Nous savons en effet qu'il reconstruisit l'aile occidentale, ainsi que les galeries de bois qui la reliaient aux autres corps du logis 4 (1446). De la grande salle on passait à la chapelle, parée de draps de soie brochée ^ et ornée d'un tableau d'or rivé avec des clous d'argent^: là étaient rangés les bréviaires dans leur étui et Charles d'Orléans y retrouvait ses lunettes 7.
1. Du hûnjiscus. — J. de Croy, Notes sur l'emplacement de la chambre des comptes du château de Blois, dans la Revue du Loir-et-Cher, mai-juin, 1906, p. 78-84.
2. Arch. Nat., K. 500, no 5, loi. 7. — En 1417 Pierre Renoul, dans son inventaire, nota le changement suivant : on plaça sur le rayon du milieu le coffre de cuir et on redescendit les livres du haut de l'armoire pour les placer sur les rayons du bas et du milieu (Ihid.).