Ibid., fol. 122 V
4t4 VIE DE CHARLES D ORLEANS
ment agrandi sa maison de Blois', Charles donnait la seigneurie de Neuilly-Saint-Front^
La familiarité du duc d'Orléans était grande et on le voit donner son ordre du Camail jusqu'à ses domestiques ^ Il joue avec eux aux cartes, aux échecs, aux tables; il distribue 27 s. 6d. aux gentilshommes de sa maison et à ceux de la duchesse qui avaient fait une partie de « soûle ^ » et banqueté. Le duc plaisante et s'amuse avec eux ; il sait leurs confidences, leurs mésaventures amoureuses. Il les raille et ils répondent sur le même ton>. Certes, le duc est indulgent à leurs fredaines, par exemple à celles de Chariot Guiart, son chantre, condamné à payer l'amende ainsi que sa chambrière ^ Ainsi il donnait 13 livres 15 sous à Etienne le Mol, son ténor (( pour aler quérir son absolution de certaine bature qu'il avait faicte à ung prestre de la chapelle de mondit sei- 1 gneur »
Faut-il s'étonner alors d'entendre un poète vagabond, qui a mis tant d'espoir en sa bonté, le nommer de ce beau nom de « doulx seigneur^ » ? A-t-il tort, ce lettré d'Asti, quand il s'écrie : « C'est le meilleur prince qui fut jamais au monde 9 » ?