Bibl. Nat., P. orig., 2160, n
payait les frais de la prébende de Thomas de Dammartin, son chapelain'. Enfin nous savons déjà que Charles avait formé une collection de patenôtres, en cristal, en corail, en jais, à médailles de Véronique et de saint Pierre, en sitrin, à signets de cassidoine, à larmes de Job, en serpentine pour découvrir les poisons, en matières odoriférantes pour se parfumei les doigts \
Il ne faut pas s'y tromper: Charles d'Orléans n'était pas un petit saint. Sa religion ne fut jamais triste, et on menait à Blois une vie très franche et joyeuse : mais en ce temps, piété et bienfaisance n'auraient su être séparées :
Pour ce je vueil comme un fol qu'on me tonde Se plus pense, quoy que voye avenir, Qu'a vivre bien et bonne fin quérir 3.
Jeux, bonne chère, plaisanteries parfois salées, discours sur des points de casuistique amoureuse divertissaient infiniment le bon duc, qui se moquera surtout des hypocrites, de ceux de l'amour comme de ceux de la religion. Ainsi, peu avant 1456, Jean, comte de Clermont, avait composé une poésie pieuse + :
De bien ou mal, le bien faire l'emporte. N'est-il pas vray, ainsi que dit chascun ?... Faisons le donc : nous trouverons la porte De Paradis, ou il n'entre n'es ung, Que peut ne soit, s'il n'est trop importun De prier Dieu ; et a vous m'en rapporte...
Charles d'Orléans le plaisanta doucement, donnant une leçon à ce bon jeune homme ' :
1. Bibl. Nat., P. orig., 2160, n° 666. — En 1448 on trouve Guillaume Pellays chapelain de l'autel de Saint-Martin à Saint-Sauveur de Blois par résignation de Jean le Royer (Bibl. Nat., P. orig., 2224, Pellays, 2).
2. De Laborde, t. III, no 6783, 6962-6967; Arch. Nat., KK. 271, fol. 65, 64 vo, 65 ; Bibl. Nat., fr. 26086, p. 7345.