Poésies, p
2. P. 361. — 3. P. 299. Cf. le fac-similé de l'autographe de cette charmante pièce
Son portier le précédait pour aller tendre la tapisserie ' au Châtelet, la résidence de Charles \ Pour arriver à Orléans, on descendait lentement la Loire en chaland ou dans une de ces petites barques qu'on nommait alors sentines, comme celle où le poète vit sombrer « deux povres yeulx. » 3 Charles, pour abréger la route monotone, faisait sa partie d'échecs^; il regardait aussi les bateaux qui cinglaient vers lui 5 :
En tirant d'Orléans a Blois, L'autre jour par eaue venoye ; Si rencontray, par plusieurs foiz, Vaisseaulx, ainsi que je passoye, Qui singloient leur droicte voye, Et aloient legierement.
Pour ce qu'eurent, comme veoye, A plaisir et a gré le vent...
Le poète n'était pas seul à les regarder : Cœur et Pensée les voyaient comme lui à grand' joie. A leur exemple son Cœur lui conseillait de tendre la voile de Confort : mais, sous son navire, l'eau demeurait tranquille et, sans les avirons d'Espoir, il restait en route d'ennui :
Les nefs dont cy devant parloye Montoient, et je descendoye Contre les vagues de tourment :
Quant il lui plaira, Dieu m'envoye, A plaisir et a gré le vent !
Quant aux séjours que Charles put faire à Orléans, ils ne furent jamais de longue durée. Le 17 octobre 1457 Charles s'y rendit avec toute sa cour et se logea au Châtelet. La réception que lui firent les Orléanais fut royale et la