Poésies, p
QjLiant j'ay ouy le taboiirin Sonner, pour s'en aler au May, En mon lit fait n'en ay efFray, Ne levé mon chief du coissin.
En disant : « il est trop matin ; Ung peu je me rendormiray... »
Charles s'écriait encore ' :
Le premier jour du mois de May, De tanné et de vert perdu Las ! j'ay trouvé mon cueur vestu, Dieu scet en quel piteux array !
Il se représentait aussi entrant avec son cher confident, le Cœur, dans le jardin de sa Pensée où tout était gelé et détruit par la tempête ^ j
Ainsi Charles d'Orléans goûta le repos de ses pays. Oh ! ce n'est pas le calme qu'il pourrait désirer, et dont il paraît d'ailleurs incapable de jouir complètement. Charles a été habitué à trop de labeurs en son enfance et son esprit, ! toujours ingénieux, demeure prêt à le solliciter \:
En mes païs, quant me treuve a repos,
Je m'esbaïs et n'y scay contenance.
Car j'ay apris traveil dez mon enfance.
Dont Fortune m'a bien chargié le dos.
Que voulez que vous die a briefs mos ?
Ainsi m'est il : ce vient d'acoustumance.
Tout a part moy en mon penser m'enclos, S
Et fais chasteaulz en Espaigne et en France, U
Oultre lez montz forge mainte ordonnance ; vÊ
Chascun jour j'ay plus de mille propos H
En mez païs, quant me treuve a repos. H
Bien qu'il menât vie sédentaire, séjournant presque tou Hi jours à Blois, le duc descendait parfois jusqu'à Orléansj