‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 423 sur 639 · Arch. Nat., KK. 271, fol. 53, 54 v · texte numérisé non relu

Arch. Nat., KK. 271, fol. 53, 54 v

9. Lettres de Louis XI, éd. Charavay et Vaesen, t. I, p. 31 (Original de la colleclion A. Morrisson).

du duc, de 70 écus d'or pour avoir une haquenée ; mais le même jour il recevait 120 écus d'or pour avoir vendu un mulet ^ Charles payait donc plus cher un mulet qu'une jument. Un autre mulet lui venait de l'évêque de Carcassonne ^

Or nous voyons que les freins de son mulet étaient dorés, que des houppes ornaient la têtière de sa bride. Quant aux selles dont usait Charles d'Orléans, elles étaient rembourrées de coussinets, ornées de housses de soie garnies de fil d'or. Les éperons du duc étaient dorés également ^

Quand il s'ennuyait, Charles d'Orléans pouvait jouir à Blois du spectacle et des petites distractions que donnaient à peu de frais les nomades qui fréquentaient les routes d'autrefois : peu blasés sur les plaisirs, les grands en jouissaient comme le populaire. On menait le duc voir des chevaux 4; des joueurs de « simplesse » ou « d'apertises » 5, c'est-à-dire des comiques et desgymnasiarques; des fauconniers faisaient voler des oiseaux devant lui^ Et, s'il le désirait, Monseigneur pouvait monter dans la barque d'un des nautoniers du faubourg de Vienne qui étaient tenus de le mener « jouer sur la rivière de Loire, une lieue entour ladicte seigneurie » : pour cela ils demeuraient exemptés du guet'.

Mais rien ne le récréait plus que la venue des petits merciers que le duc blasonna de si gracieuse manière :

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