‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 426 sur 639 · Arch. comm, d'Orléans, CC · texte numérisé non relu

Arch. comm, d'Orléans, CC

lement, sont repeintes sur le château de Rouen'. Enfin, le 24 juin 1450, le Bâtard d'Orléans s'emparait de Caen. Il y faisait prisonnier, avec son fils Edmond, la duchesse de Somerset % celle qui avait rendu à Jean d'Angoulême un compte si fabuleux qu'il n'avait jamais pu l'acquitter : à son son tour maintenant d'abandonner ses prétentions. C'était là un joli coup deDunois : car, ni les revenus patrimoniaux du comte d'Angoulême, ni l'impôt sur les greniers à sel, ni

[ les générosités du Bâtard n'auraient suffi à acquitter cette

j vieille dette ^

Ce fut sous le coup de ces nouvelles, si heureuses pour :1a France, si avantageuses pour sa famille et pour luijmême (la délivrance de la Normandie lui assurait le retour jde ses terres au bailliage de Caen 4), que Charles écrivit joyeusement la grande pièce ^ :

Comment voy je ses Anglois esbahys !

Resjoys toy, franc royaume de France :

On apparçoit que de Dieu sont hays.

Puis qu'ilz n'ont plus couraige ne puissance.

Bien pensoient, par leur oultrecuidance, j Toy surmonter et tenir en servaige,

Et ont tenu a tort ton heritaige :

Mais a présent Dieu pour toy se combat

Et se monstre du tout de ta partie ;

Leur grand orgueil entièrement abat, I Et t'a rendu Guyenne et Normandie !

Page 1