‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 425 sur 639 · Ibid., t. III, no · texte numérisé non relu

Ibid., t. III, no

chand étranger, des patenôtres de verre'. De Jacob Henri, mercier. Monseigneur achetait encore trois boîtes dorées, trois paires de lunettes, « un fouet ouquel a une dague », deux crapaudines enchâssées en argent pour faire l'épreuve des poisons, une paire de couteaux et plusieurs patenôtres' ; puis encore des patenôtres de verre, un signet d'ambre, un petit cadre d'argent ^ L'un de ces merciers se nomme « Argent mi fault»^: c'est loin du trésor de Venise!

Ce ne sont pas seulement les petits merciers qui connaissent la route de Blois et d'Orléans. Dans ces deux villes, au cœur du royaume tel que l'a fait la guerre anglaise, si proches du Berry et de la Touraine, séjours habituels du roi de France, les messages arrivent avec célérité. La Loire est d'ailleurs un chemin sûr et très fréquenté des marchands. Les nouvelles parvenaient donc à Blois rapidement. Ainsi, le 28 octobre 1449, Guillaume Peel annonçait que la ville de Rouen était redevenue française 5.

On sut aussi que Jean, comte d'Angoulême, avait gagné sa chevalerie, à la conquête de Guyenne^; qu'il était entré à Bordeaux avec bannières et guidons de taffetas bleu emblasonnés des fleurs de lys^. L'émotion fut grande à Orléans où, pour la prise de Bordeaux comme pour la reddition et le miracle de Bayonne, on faisait sermons et processions ^ En Normandie les Français n'étaient pas moins heureux : les fleurs de lys, celles que Charles d'Orléans aimait fldè-

Page 1