Poésies, p
LE SÉJOUR d'honneur 455
pouvoir royal avait rendu le lien de jadis réciproquement insupportable, en Bretagne et en Bourgogne en particulier.
Comme on l'a vu dans la poursuite de la paix anglaise, Charles se montrera ici « prince plein d'honneur, charitable et preud'homme » \ Un contemporain perspicace l'a noté : éloigné des « grandes besognes », de peu d'autorité dans les affaires du royaume % Charles tirait une partie de son lustre de son mariage bourguignon, une partie de son influence du Bâtard, très puissant sur l'esprit de Charles VII. On savait enfin le grand et sincère amour qu'il portait à la paix. C'est ce rôle d'intermédiaire, de pacificateur qui assurera son autorité et son crédit, la valeur de son nom et de sa parole K Ainsi Charles l'avait déclaré jadis dans le pacte d'alliance qu'il avait signé à Bruges avec Philippe le Bon, le i8 décembre 1440. Non seulement Orléans et Bourgogne s'étaient juré une amitié réciproque; ils se promettaient encore une action commune et pacifique dans les affaires du royaume. Il est bien vraisemblable que nous retrouvons dans la rédaction de ce document'^, non seulement des idées chères au cœur du duc d'Orléans, mais encore les propres paroles et le beau langage dont il usait familièrement : « De commun accort nous emploierons par toutes voies raisonnables et licites, et à nous possibles, à l'appaisement dudit royaume de France, et à faire cesser en icelui royaume les guerres, pilleries, roberies et voies de fait qui trop longuement y ont duré, et conséquemment que justice y soit mise sus et exercée, ainsi