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LE SÉJOUR d'honneur 457
Allemagne ; il y trouva le duc et la duchesse d'Orléans, Jeanne de France, fille du roi Charles et femme de Clermondois, l'héritier de Bourbon et de sa goutte, et le comte de Nevers (septembre 1454) Certes on fut tout joyeux de se voir. Comme il convenait, quelques représentations réjouirent l'assemblée. Ainsi Charles d'Orléans entendit ce mystère que l'écuyer Olivier de la Marche aida à représenter et où parurent, en habits brodés, Alexandre, Hector et Achille ; quant à Jehannin de la Chapelle et Perrinet Norine ils jouèrent « certains jeux de farses et esbatemens » ^
Clermondois avait donné les plus grandes espérances et, jeune encore, « estoit entré bien avant au palais d'honneur » ^ ; il avait, par sa vaillance, provoqué la déroute des Anglais à Formigny et combattu noblement en Bordelais 4. C'était l'hôte gracieux et galant de la cour de Blois. Non moins gracieux ^ paraissait Charles, comte de Nevers, cousin germain de Philippe le Bon, nourri à sa cour et passé pauvrement à celle de France ^ Mais quelqu'un devait manquer à la fête : le goutteux duc de Bourbon. Il envoyait bien ses ambassadeurs, Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumontsur-Loire, le seigneur de Culant et de notables clercs. On assurait qu'il avait levé les bras au ciel et pleuré de joie à l'idée d'unir sa fille au fils du bon duc Philippe : il se ravisait maintenant. Charles d'Orléans et la duchesse avaient fort à faire avec son ambassade. Bourbon ne voulait plus consentir à donner en dot à sa fille Isabeau la seigneurie de Château-Chinon ; il s'en excusait sur le nombre de ses