Arch. Nat., K. 60, no
qu'il appartient, et comme elle a esté du temps passé avant lesdites guerres et divisions, telement que Dieu y puist estre servy et honnouré, les princes, prélats, gens d'église, nobles, bourgois, marchans, laboureurs et gens de tous estas estre maintenuz et gardez chascun en son degré et auctorité, et vivre en paix et tranquillité, le tout au bien du roy nostre dit seigneur et de ses royaume et subjez. »
Venu en France pour apporter la paix, Charles d'Orléans cherchera à l'y faire régner, suivant ses moyens. Il « temporisera » ' donc entre le roi et ses vassaux. Or le roi Charles se montrait extrêmement timide et défiant, Philippe le Bon toujours plus chevaleresque et orgueilleux. A mesure qu'ils avançaient en âge, ils se témoignaient davantage de « rancœur y)\
Mais d'abord Charles d'Orléans servira d'intermédiaire entre Philippe le Bon et le duc Charles de Bourbon, dont il avait élevé un fils à Blois. Le duc de Bourgogne méditait en ce temps-là de marier son fils, le comte de Charolais, à la fille du duc de Bourbon, de s'assurer à peu de frais de- riches seigneuries enclavées en ses domaines de Bourgogne : car le seigneur de Bourbon, beau jadis comme Absalon ou le Troyen Paris, et fort adonné aux aventures de guerre, si dur envers le duc de Bourgogne qui l'avait contraint à plier devant lui, était un grand terrien. Mais depuis, pour avoir pris parti dans la brouille entre Charles VII et son fils, Charles de Bourbon était tenu pour suspect : il vivait paisiblement en ses pays, languissant « martir doloreux tout impotent de gouttes », d'ailleurs le chevalier le plus renommé et le plus « facondeux » de son temps K Ce projet de mariage amena à Nevers Philippe le Bon, au retour de son voyage en