CHAPITRE XVII
LA VIE A BLOIS (^Sldte).
Charles d'Orléans nous a confié combien le repos en ses (( pays » demeura pour lui relatif: car, si nulles chevauchées ni réceptions ne le sollicitent, il est la victime bien résignée et soumise de son imagination qui l'entraîne à sa suite. Alors, comme il l'a dit si joliment :
Tout a part moy en mon penser m'enclos Et fais chasteauiz en Espaigne et en France ^
Jadis il a rempli sa captivité d'Angleterre de ses rêveries et de ses méditations ; à Blois, elles seront sans doute d'une autre nature, mais non moindres. Des amis l'aideront de leur compagnie à passer les heures vides de ses journées. Charles d'Orléans prendra des habitudes; ils adopteront les siennes. Occupations parfois enfantines, comme cela ne surprendra pas d'un homme d'imagination et de bonne culture, resté fort jeune d'esprit; elles le distrairont aussi de l'idée fixe de sa vieillesse, qu'il voit venir avec tant de mélancolie.
D'abord Charles d'Orléans est un curieux. Car, en ce temps-là, on formait déjà des collections et les objets de curiosité étaient recherchés par les amateurs \ Ainsi à Paris, à la fin du xiv^ siècle, on visitait sans doute la belle maison de