De Laborde, III, no
3. Le si2[ne 3-C doit sans doute être interprété M[t7r/>] etCU\arhs].C{.Tp. 525, n. 8
pour bons, car il lisait surtout pour se désennuyer. Telle n'était pas alors l'opinion d'un religieux célèbre et instruit, sévère aux ouvrages d'imagination, indulgent toutefois à ceux qui parlaient de la Croisade.
Philippe de Mézières recommande en effet de ne pas trop se délecter à lire, ou à entendre lire, ces livres qui sont appelés apocryphes, spécialement les livres et les romans remplis j de (c bourdes » qui poussent souvent le lecteur à la chimère I ((( à impossibilité >•), comme il dit), et l'induisent à la folie et I au péché. Il cite parmi eux le roman de Lancelot ; le Vœu du ; Paon, naguère composé par un léger compagnon, auteur de chansons et de virelais ; les Enseignements d'Aristote, composés en rimes par des « bourdeurs » ; la Vaillance mondaine d'Arthur, remplie de «bourdes » ; une partie des œuvres d'Eustache Deschamps; parmi les livres de science, les traités î de nécromancie, le Livre Sacré, le Livre du Jugement d'Astro- I nomie et la Seconde Partie dAstrologie. Il s'élève contre les I ménestrels et auteurs de ditiés (poésies) qu'il estime compagnons légers et « faiseurs de bourdes ». Par contre, il recommande la lecture de la Bible où se montrent souveraine ^ prouesse et vaillance véritable ; le livre des Ethiques et celui de Politique, traduits par Nicole Oresme ; Tite-Live, les histoires des Romains qui sont authentiques, Valère Maxime, 1 Sénèque et Boèce de Consolation ; les Enseignements d'Aris- Itote dans le texte original, mais non dans les traductions en vers qui sont bien différentes ; l'Histoire scolastique ; Josèphe, l'histoire des Juifs ; la Belle et véridique histoire de la vaillance du très vaillant duc Godefroy de Bouillon ; la Cité de Dieu du benoît Augustin ; le Policr'aticus de Jean de Salisbury ; les ditiés vertueux d'Eustache Deschamps \
I. Cité par Champollion-Figeac, p. 254-255 ; j'ai modernisé le texte.
494 DE CHARLES DORLEANS
Ces livres se rencontrent dans la bibliothèque de Charles d'Orléans, les bons comme les mauvais.
L'Écriture Sainte était représentée par quatre exemplaires de la Bible en français ' et trois en latin. Notons encore les Concordances de la Bible en latin ; le recueil d'historiettes édifiantes nommé Composition de la Sainte Écriture ; une Chronique de la Bible ; l'Histoire Scolastique de Pierre le Mangeur, que l'on nommait encore Bible Historiale ou les Histoires Écolâtres, dans la version de Guiart des Moulins ^ ; la Création des âges en français ; les Commandements de Dieu en français ; divers Psautiers glosés ; la Glose sur le Psautier et les Distinctions 3 ; les Méditations de Pierre d'Ailly sur les Psaumes de la pénitence ; le Livre des Rois 4 ; deux exemplaires des Épîtres de saint Paul ; l'Apocalypse figurée, qui n'était guère qu'un livre d'images ; la Postille de Nicolas de Lire.
Parmi les écrits des Pères, nous rencontrons ceux de saint Jérôme, de saint Augustin (suivis de divers traités de Césaire, d'Eusèbe, d'Origène, de Hugues de Saint- Victor, de saint Chrysostome, de Hilton, du dominicain Nicolas Bocher et de Thomas, frère mineur de Londres) ; trois exemplaires de la Cité de Dieu, deux en français et un en latin ; l'Exposisition sur le psaume 118 par saint Ambroise de Milan ; deux exemplaires de Saint-Grégoire ; les œuvres de saint Athanase, de saint Chrysostome et de saint Hilaire de Poitiers.
Parmi les théologiens plus récents, nommons saint Anselme, Hugues de Saint-Victor, Ives de Chartres et saint Bonaventure, Pierre Lombard, Hugues duFouilloy. De Guil-
1. Cf. s. Berger, La Bible eu français au Moyen-Age, étude sur ics plus anciennes versions de la Bible l'crites en prose de langue d'oil. Paris, 1884^ in-8.