‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 49 sur 639 · Chronique de la traïson, "p · texte numérisé non relu

Chronique de la traïson, "p

7. Christine de Pisan, p. 25 3 ; Monstrelet, 1. 1, p. 43-69 ; Arch. du Nord, B. 1345. 8= Arch. nat., K. 35, n" 2 (en 1399).

l'adolescekcë 35

Les conditions de la rencontre étaient ainsi fixées par le duc d'Orléans. Les deux adversaires, en présence de cent chevaliers et écuyers, combattraient jusqu'à ce que l'un déclarât se rendre à l'autre. Celui à qui Dieu donnerait la victoire pourrait emmener son compagnon prisonnier et en faire sa volonté. L'arme : la lance, la hache, l'épée ou la dague, sans qu'ils puissent user d'aleines, de broches, de crocs, de poinçons, de fers barbelés, d'aiguilles, de pointes envenimées ni de rasoirs. Le lieu de la rencontre : Angoulême, où le roi anglais pourrait venir par Bordeaux.

Henry de Lancastre fit à Louis d'Orléans une assez méprisante réponse. Il lui retourna ses lettres d'alliance particulière, ajoutant qu'un roi ne doit rien faire qu'à l'honneur de Dieu^ pour le profit commun de la chrétienté ou de son royaume, non par gloriole.

Louis d'Orléans ne se tint pas pour battu ; reprenant point par point la lettre du roi d'Angleterre, il lui reprocha plus vivement encore la mort du roi Richard, ses mauvais procédés envers Madame Isabelle, ce Quant à comparer ma très redoubtée dame. Madame la royne d'Angleterre, vostre rigueur et vostre cruaulté, qui est venue désolée en ce pays de son seigneur qu'elle a perdu, desnuée de son douaire que vous détenez, despoullée de son avoir qu'elle emporta pardelà et qu'elle avoit par son seigneur, où est cellui qui veult avoir honneur qui ne se monstre pour soustenir son fait ? Où sont tous nobles qui doivent garder en tous estas les drois des dames vefves et des pucelles de si belle vie, comme tous scevent que estoit ma dessus dicte dame et niepce ? Et pour ce que je lui appartiens de si près, comme chascun scet, me acquitant devers Dieu et envers elle comme son parent, vous respons "... »

î. Monstrelet, t. I, pp. 56-57,

Une telle rencontre était impossible. De telles provocations ne se voyaient plus que dans les romans d'aven ture ; ou bien elles étaient le fait de ces professionnels des armes, les chevaliers errants, en ce temps-là déjcà plus affamés que nobles, due faire contre une nation soulevée par sa haine contre la France et trouvant dans sa colère sa conscience nationale ? Q-Uant aux Bordelais, si émus qu'ils fussent de la mort de leur compatriote, le roi Richard, ils estimaient qu'ils n'auraient rien à gagner à se déclarer en faveur de la France, qui les soumettrait à l'impôt, alors que les Anglais les tenaient en franchise et achetaient leur vin ^ N'ayant pu soutenir plus avant l'honneur de cette dame, le duc d'Orléans songea du moins à unir Isabelle avec son fils aîné, Charles, qui portait alors le titre de comte d'Angoulême. Le 5 juin 1404 le roi Charles VI donnait son consentement au mariage de sa fille avec le neveu qu'il avait tenu sur les fonts du baptême ^ La jeune fille apportait 300.000 francs de dot sur lesquels le duc d'Orléans devait en employer 200.000 à acheter des terres en France pourlui constituer une propriété 3. Certes ce n'était pas le pape Benoît XIII, dont Louis d'Orléans soutenait alors la politique, qui aurait manqué de donner les lettres de dispense pour l'union des deux enfants, malgré la parenté du sang et l'affinité spirituelle : Isabelle était en effet cousine germaine de Charles d'Orléans dont Charles VI avait été jadis le parrain Toute-

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